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Les deux visages de Pacelli: Courageux comme pape, trop prudent comme secrétaire d’Etat, S. Magister
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Benoît XVI loue Pie XII pour l'aide qu'il a apportée aux juifs pendant la guerre. Mais "La Civiltà Cattolica" le critique pour ses faibles réactions aux lois raciales quand il était cardinal. Voici l'article de la revue, publié avec l'imprimatur des autorités vaticanes. (chiesa.espresso).
                 

15/10/08


Texte repris du site chiesa.espresso 


Traduction française : Charles de Pechpeyrou, Paris


ROMA, le 23 septembre 2008 – Jeudi dernier, Benoît XVI recevait les représentants de la fondation juive, Pave the Way, réunis à Rome pour une conférence sur Pie XII. Le pape a exprimé un jugement très positif sur la figure et l’œuvre d’Eugenio Pacelli, en particulier sur ce qu’il a fait “pour sauver les juifs persécutés par les régimes nazi et fasciste”. C’était la première fois, depuis qu’il est pape, que Joseph Ratzinger s’exprimait, de manière aussi directe, sur son grand et controversé prédécesseur. Il en reparlera le 9 octobre prochain, au cours de la messe qu’il célébrera pour le cinquantième anniversaire de sa mort. Le discours de Benoît XVI a d’autant plus frappé, que son jugement sur l’œuvre de Pie XII coïncide avec celui – tout aussi positif – exprimé par les juifs de la Fondation Pave the Way.

Par ailleurs, Andrea Riccardi, professeur d’histoire de l’Eglise et fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, publie, ces jours-ci, un livre, lui aussi très positif, sur ce qu’a fait Pie XII pour aider les juifs persécutés. Le volume de 424 pages, édité par Laterza, est intitulé : L’inverno più lungo. 1943-44 : Pio XII, gli ebrei e i nazisti a Roma [L’hiver le plus long. 1943-44 : Pie XII, les juifs et les nazis à Rome].

Néanmoins, ce même jeudi 18 septembre, alors que Benoît XVI parlait de Pie XII en termes élogieux, un article de La Civiltà Cattolica dressait un portrait bien plus nuancé du même Pacelli – à l’époque secrétaire d’Etat de Pie XI.

La Civiltà Cattolica n’est pas n’importe quelle revue. Ses statuts imposent que tous ses articles soient relus, ligne par ligne, par la secrétairerie d’Etat du Vatican avant d’être publiés. Un contrôle encore plus strict depuis que le cardinal Tarcisio Bertone est devenu secrétaire d’Etat.

Le fait que l’auteur de l’article, l’historien jésuite Giovanni Sale, attribue au Pacelli de 1938 – l’année où les lois raciales antijuives ont été promulguées en Italie – une prudence diplomatique « aujourd’hui embarrassante à justifier », a produit une certaine émotion. Sale s’exprime en ces termes précis dans un passage de sa reconstitution :

« Aujourd’hui, il paraît embarrassant pour un historien catholique de justifier avec des catégories morales ou religieuses cette façon de penser et d’agir, surtout après les ouvertures du Concile Vatican II en la matière. »

L’article de La Civiltà Cattolica ne critique pas directement le secrétaire d’Etat Pacelli, mais il montre que la prudence des diplomates du Vatican, à l’époque, dans leur réaction aux lois raciales, prête le flanc à des critiques légitimes et n’a même pas produit les fruits espérés. A l’inverse, l’article met en évidence la volonté de Pie XI de prendre plus énergiquement la défense des juifs et de condamner plus sévèrement les lois raciales. Pie XI s’est néanmoins retrouvé doublement bâillonné. Ses paroles et ses écrits les plus incisifs n’ont jamais été rendus publics, d’une part, parce que la censure du régime fasciste interdisait à la presse catholique italienne de publier les discours du pape contre le racisme, d’autre part, à cause de la prudence de la secrétairerie d’Etat, qui empêchait L’Osservatore Romano lui-même – le journal du Saint-Siège – de publier les textes du pape, considérés comme trop imprudents.

Pour le prouver, Sale a retrouvé de nombreux documents dans les archives du Vatican, comme dans celles de La Civiltà Cattolica. Par exemple, d’après une note inédite de Mgr Domenico Tardini, à l’époque proche collaborateur du secrétaire d’Etat Pacelli, il s’avère que Pie XI fut très mécontent que la note sévère de protestation contre les lois raciales, qu’il avait adressée au roi d’Italie, Victor-Emmanuel III, et la réponse de ce dernier, n’aient pas été publiées dans L’Osservatore Romano du 15 novembre 1938. A la place des deux documents, figurait un article plat qui ne disait rien, ou presque. Quelques jours plus tard, le pape ne réussissait pas non plus à faire publier dans L’Osservatore Romano un texte qu’il avait dicté pour faire réentendre le fond de sa protestation. Dans les deux cas, la publication des textes du pape dans le journal du Saint-Siège fut bloquée par Pacelli.

A l’occasion du soixante-dixième anniversaire des lois antijuives de 1938, Sale a prévu de publier dans La Civiltà Cattolica d’autres articles sur ce geste, et d’autres des autorités du Vatican pendant cette période. On lira, ici, les principaux extraits de l’article publié dans le dernier numéro de cette revue, qui fait autorité, daté du 20 septembre 2008.

 

Sandro Magister

 

© www.chiesa

 

[Texte aimablement signalé par le site "Un écho d’Israël".]

 

Mis en ligne le 15 octobre 2008, par M. Macina, sur le site upjf.org



18-06-2009 | Commentaires (0) | Public
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