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Manipulation de la société civile, Gerald Steinberg
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Original anglais : "Manipulating 'civil society'". The Jerusalem Post

1ère traduction française : Albert Soued. Texte entièrement revu sur l’original anglais par M. Macina.


Les différences de points de vue entre l'Europe et le gouvernement israélien à propos du statut de la Judée-Samarie, sont bien connues. A Londres, Paris et Bruxelles, cette région est considérée comme "territoire occupé", alors que pour Jérusalem, cette zone est "contestée" (1) [1].

Un débat similaire a lieu dans la société israélienne, où des groupes animés d'idéologies différentes contestent la politique du gouvernement, y compris l'expansion ou la suppression des implantations, ou encore le trajet de la barrière de sécurité. Le débat est important, légitime et très complexe.

Mais quand des gouvernements étrangers s’associent à des groupes israéliens privés et les financent pour s'opposer aux mesures prises par des dirigeants élus démocratiquement, un problème se pose. C’est aussi une violation de souveraineté et un cas évident de néocolonialisme.

Aussi, la découverte récente que l'ambassade britannique à Tel Aviv finance une ONG connue sous le nom de "Bimkom" [2] – Planners for Planning Rights (planificateurs pour les droits de planifier), n’a-t-elle rien de surprenant. L'objectif évident de la recherche de cette organisation concerne l'impact de la barrière de sécurité sur les villages palestiniens qui se  trouvent pris dans son tracé, et comme Bimkom est une organisation politique, le résultat de "sa recherche" est couru d’avance.

De ce fait, le gouvernement britannique recevra une analyse effectuée par un groupe israélien qui soutient le point de vue de Londres contre le tracé de la barrière. La même information aurait pu être obtenue par le biais des canaux gouvernementaux (c’est-à-dire les services du renseignement), mais sans l’importante dimension politique. (Le gouvernement danois a versé 200 000 $ à Bimkom pour un projet concernant les "quartiers palestiniens".)

Durant des années, les gouvernements européens ont utilisé la même approche pour financer des organisations politiques israéliennes bien connues, tels La Paix maintenant, Btselem, ou le Centre Peres (2). Le ministère des Affaires étrangères suisse et l'Union Européenne [UE], entre autres, ont soutenu la campagne de relations publiques – qui échoua - pour faire accepter l'Initiative de Genève par le public israélien – une seconde voie de proposition de paix initiée par Yossi Beilin et ses homologues palestiniens.

Et sous le label trompeur de "partenaires pour la paix", la Délégation de l'UE à Tel Aviv finance un groupe connu sous le nom de "Comité Israélien contre la Démolition de Maisons", qui fait la promotion du boycott et du désinvestissement anti-israéliens. Elle finance également des groupes arabes israéliens, comme Mossawa et Adallah, qui se font les avocats de la justice sociale et économique pour les Arabes d’Israël, mais ont largement contribué à la diabolisation de l’Etat d’Israël.

Ce qui est nouveau dans le cas de Bimkom, c'est la réaction du ministère des Affaires étrangères [israélien], qui a déclaré : "C'est une ingérence de la Grande Bretagne dans les affaires intérieures d'Israël. Comment réagirait-on, à Londres, si notre ambassade finançait des recherches d'une organisation britannique qui s’efforcerait de promouvoir un programme de critique du [gouvernement] ?"

L’expression est une réaction diplomatique et allusive – presque anglaise -, mais en langue anglaise, à un vice fondamental de la politique européenne à l'égard d'Israël. Une réponse plus carrée eût consisté à recourir à des exemples hypothétiques, tels une campagne publicitaire financée par le gouvernement américain, à Londres ou Paris, soutenant une position anti-avortement intraitable, ou un effort de propagande à propos du conflit nord-irlandais, ou un appui apporté aux mouvements séparatistes en France (sur le conflit anglo-irlandais, ou le soutien des séparatistes, en France (Corse), ou en Espagne (ETA).

De plus, l'ampleur du financement européen d'organisations politiques israéliennes et palestiniennes qui affirment promouvoir les droits de l'homme, la paix et la démocratie, est énorme et en grande partie secrète. L’énorme bureaucratie européenne a créé un réseau complexe d'agences de financement de "la société civile" dans la région, dont il n’existe ni catalogue centralisé, ni processus de comptes-rendus.

Jusqu'à l'an dernier, le bureau de l'UE à Tel Aviv violait ses propres principes de transparence et gardait secrète la liste des ONG israéliennes bénéficiaires, sous le prétexte de menaces de violences. Les enquêtes de NGO Monitor [3] ont mené à un changement en la matière, mais le financement des ONG palestiniennes, est toujours largement secret.

Le changement de politique du gouvernement israélien et sa volonté de s’opposer à cette manipulation antidémocratique, surtout de la part de gouvernements européens (y compris des pays non européens tels que la Suisse et la Norvège), constituent un pas important. Les responsables israéliens devraient aller plus loin que cet avertissement laconique, et présenter un dossier détaillé du financement des ONG politisées, à chaque rencontre avec des chefs d'Etat, des ministres des Affaires étrangères, et des fonctionnaires gouvernementaux.

Si l'Europe veut jouer un rôle plus important dans la sécurité et la diplomatie de la région, elle ne peut continuer à verser des fonds dont le but est de miner les positions du gouvernement israélien, tant sur le plan intérieur que dans l'arène internationale.

En Europe, les groupes indistincts qui s'intitulent "organisations de la société civile", ainsi que les ONG, doivent être soigneusement examinés. Il s’agit d’entités non élues, et leurs dirigeants ne doivent pas rendre des comptes.

Dans les sociétés démocratiques, les fonctionnaires gouvernementaux qui versent des fonds à ces entités le font en vue de promouvoir leurs intérêts et objectifs propres, sans contrôle d'équilibre des pouvoirs, ni transparence. Dans les sociétés fermées et non démocratiques, comme la Syrie, l'Egypte et l'Autorité Palestinienne, l’aide de gouvernements étrangers aux ONG qui travaillent à plus de démocratie, de tolérance et de droits de l'homme, peut avoir un impact positif, mais seulement si cette aide est soigneusement contrôlée pour éviter des abus. L'échec de l’Europe à mettre en place un tel contrôle aggrave le dommage.

Israël, qui est une forte démocratie, n’a pas besoin des "initiatives de sociétés civiles" comme Bimkom, instrumentalisées par des gouvernements étrangers, bien ou mal intentionnés, et il ne devrait pas en être la cible. De ce point de vue, l’exemple de Bimkom, de la barrière de sécurité et de l’ambassade britannique est une illustration modeste mais hautement significative de ces agissements.

Le temps est venu de mettre un terme à cette politique hors de propos et arrogante.

Gerald Steinberg *

* L’auteur dirige le Programme de Gestion des Conflits, à l'université Bar Ilan et est directeur administratif de NGO Monitor.

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Notes du premier traducteur

(1) La résolution 242 de l'Onu, concernant la Judée-Samarie, demande à Israël de se retirer de (certains) territoires et non de l'ensemble, comme certains veulent le comprendre, car c'est le texte anglais qui fait foi, et il parle de "territories" et on de "the territories", d'où l'expression "territoires contestés". [ Voir, ci-après, la note [1] ]

(2) L'UE a longtemps financé le cabinet d'avocat de Yossi Beilin, dirigeant du parti d'extrême gauche, Merets.

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Notes de Menahem Macina

[1] Voir l’article séminal de Dore Gold : "Des 'Territoires occupés' aux 'Territoires disputés'". Voir aussi : G. Adler, "Aspects historiques et légaux du conflit Juifs-Arabes israélo-palestinien".

 

[2] Littéralement, "Au lieu de".

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Mis en ligne le 13 août 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org



03-07-2009 | Commentaires (0) | Public
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