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Cheikh Ikrima Sabri: "pas la moindre pierre qui rappelle l'histoire juive"
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Ci-après la traduction d'une interview, par le journal allemand "Die Welt", du Cheikh Ikrima Sabri, mufti de Jérusalem. Ce texte remonte à janvier 2001. Il est toujours d'actualité, c'est pourquoi nous le mettons en ligne. (Menahem Macina).
 
On se souvient peut être de l'attitude agressive de ce dignitaire religieux, lors du voyage du pape en Terre Sainte. Voir, par contraste, les positions conciliantes de l'éditorialiste de Haaretz : Mutual Respect on the Temple Mount. Une autre personnalité musulmane reconnaissait sans problème, en 1996, l'origine juive de Jérusalem et de son Lieu Saint
 
Die Welt (Allemagne), le 17 janvier 2001.
 
Traduction française : Menahem Macina
réalisée à partir d'une traduction anglaise publiée par MEMRI (Special Dispatch – PA January 25, 2001 - No. 182 ).
 
 
 
Question : La mosquée al-Aqsa a donné son nom à la nouvelle Intifada. Selon une déclaration du grand rabbinat, faite le 4 janvier, la loi judaïque interdit "de céder la souveraineté sur le Mont du Temple, directement ou indirectement, à des étrangers", et cela parce que ce lieu est le plus saint pour le peuple juif. Quatre jours plus tard, vous avez, une fois encore, très clairement déclaré que l'endroit est absolument musulman. Une contradiction insoluble ?

Le cheikh Sabri : Il n'y a pas le moindre signe d'une précédente existence du Temple juif à cet endroit. Il n'y a, dans toute la ville, pas la moindre pierre qui rappelle l'histoire juive. Par contre, notre droit est évident. Ce lieu nous appartient depuis 1.500 ans. Même quand les croisés s'en emparèrent, il resta le domaine d'al-Aqsa ; nous ne tardâmes d'ailleurs pas à le reconquérir. Quant aux Juifs, ils ne savent même pas où le Temple se trouvait exactement. C'est pourquoi nous ne leur reconnaissons aucun droit, ni sous la terre ni au-dessus.

Question : II y a accord chez les archéologues pour affirmer que le Mur des Lamentations faisait partie du Temple hérodien. La Bible et d'autres témoignages antiques parlent de ce lieu avec énormément de détails. Pourquoi ne pouvez-vous pas respecter les liens juifs avec cet endroit ?

Le cheikh Sabri : C’est la spécialité des Juifs de tromper le monde. Mais, nous, ils ne peuvent nous piéger de cette manière. Il n'y a pas une seule pierre dans le Mur des Lamentations qui ait un quelconque lien avec l'histoire juive. Ni du point de vue religieux, ni sous l'angle historique, les Juifs n'ont la moindre revendication justifiée à faire valoir quant à ce mur. Depuis 1930, un comité de la Société des Nations nous a recommandé d'y laisser prier les Juifs pour qu'il y ait la paix; mais il n'a en aucun cas reconnu que ce mur leur appartenait.

Question : Pourquoi ne permettez-vous pas aux scientifiques israéliens de faire des fouilles ici à la recherche de vestiges et de preuves possibles de l'existence du Temple juif ?

Le cheikh Sabri : Nous rejetons catégoriquement toutes les fouilles sous la mosquée al-Aqsa, car elles mettent en danger les bâtiments historiques de l'endroit. En outre, ils ont déjà fouillé partout. Tout ce qu'ils ont pu trouver, ce sont des vestiges de bâtiments datant de la période omeyyade [661- 750 de notre ère]. Tout ce qu'ils ont découvert a trait aux Arabes et aux musulmans.
 
Question : Le roi Hussein a, par le passé, proposé une "souveraineté divine" sur le Temple afin de réduire les tensions entre les peuples et les religions en cet endroit.

Le cheikh Sabri : Nous acceptons la souveraineté de Dieu. C’est pourquoi cette mosquée s’appelle Al-Aqsa. Allah lui-même lui a donné ce nom. Allah veut que ce lieu appartienne aux musulmans et à personne d’autre. C’est cela que nous acceptons.

Question : Consentiriez-vous, le cas échéant, à une internationalisation de la ville, afin de maîtriser ces problèmes insolubles ?

Le cheikh Sabri : Une ville de Jérusalem internationale serait pour nous pire qu'une Jérusalem sioniste. Nous aurions alors non pas un seul État contre nous, mais le monde entier. Ce serait un retour au colonialisme.
 
Question : Le 23 mars, à Jérusalem, le pape a dit : "La religion ne doit jamais servir d’excuse au recours à la force, surtout quand l’identité religieuse interfère avec l’identité culturelle et nationale". Que lui répondriez-vous ?

Le cheikh Sabri : Tout homme religieux serait d’accord avec cela. Nous croyons, nous aussi, que la religion n’est pas la raison de la haine entre les peuples. Seuls ceux qui ne connaissent pas la religion ignorent cela. Mais qui sont-ils ? Qui détruit et occupe d’autres peuples et pille leur patrimoine ?
 
Question : L’Intifada aussi est violente. La résistance pacifique par laquelle Gandhi a mis fin au colonialisme en Inde n’était elle pas plus efficace ?

Le cheikh Sabri : Nous avons lutté pour la paix sans recours à la violence jusqu’en 1967. Mais personne ne nous a écoutés. Il y a eu des résolutions de l’ONU en notre faveur, mais personne n’a levé le petit doigt pour nous.

Question : Dans votre fatwa [décision religieuse islamique] de juillet dernier, vous avez déclaré : "Nous nous en tenons au droit au retour de tous les réfugiés de 1948 et nous leur interdisons d'accepter un dédommagement pour le pays saint, car il n'y a pas de prix pour cela". Quelles sont les frontières du pays saint dont vous parlez ?

Le cheikh Sabri : Il s'étend de la Méditerranée jusqu'au Jourdain, du point de vue de l'Islam. C'est toute la Palestine.

Question : Sans place pour les Israéliens ?

Le cheikh Sabri : Il y a naturellement de la place pour les Juifs qui vivaient ici auparavant. Par contre, ceux qui sont venus du monde entier doivent retourner dans leurs pays respectifs : par exemple, les Allemands en Allemagne. Après tout, vous les aimez beaucoup, n’est-ce pas ? (Rire).

Question : Cela signifie-t-il qu’il n’y pas de place pour un Etat juif ?

Le cheikh Sabri : Je n’ai pas traité de cela dans ma fatwa. Tout ce que j’ai dit, c’est que les réfugiés doivent revenir. Je n’ai rien dit concernant les frontières.

© Die Welt 
 
Texte mis en ligne une première fois sur le site www.chretiens-et-juifs.org, en janvier 2001.
 
Mis en ligne le 26 juin 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org


19-09-2009 | Commentaires (0) | Public
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