Recherche

Mot-clé sur le site

Avec Google

Google :
Exhorter
<< La participation des laïcs à la fonction... ‘AM SEGULAH, De l’ «économie»... >>

Le problème de la prophétie chrétienne, interview du cardinal Ratzinger (1999)
Imprimer Imprimer
> Envoyer cette page


Tiré du magazine : 30 Giorni, N° 1-1999.

 

« Il devient toujours plus urgent de présenter de façon comphensible et vivable la véritable structure de promesse et d'accomplissement psente dans la foi chtienn».

 

Interview du Cardinal Joseph Ratzinger, par Niels Christian Hvidt [...]

 

Pdf en ligne : http://24.122.15.135/pdfdoc/probl_proph_chr.pdf (ci-après, les références sont aux pages de ce pdf).

Voir aussi: « Dieu a rétabli son peuple » : une révélation privée soumise au discernement de l’Eglise ».

 

P. 1

Quand on prononce le mot prophétie, la majeure partie des théologiens pense aux prophètes de l'Ancien Testament, à Jean Baptiste ou à la dimension prophétique du Magistère. Le thème des prophètes est rarement abordé dans l'Église. Et pourtant, l'histoire de l'Église est constellée de figures prophétiques, qui ne seront canonisées que plus tard, et qui durant leur vie ont transmis la Parole, non comme leur parole, mais comme la Parole de Dieu.

On n'a jamais mené de réflexion systématique sur ce qui constitue la spécificité des prophètes, sur ce qui les distingue des représentants de l'Église institutionnelle et sur la façon dont la parole révélée par eux se rapporte à la Parole révélée dans le Christ et transmise par les apôtres. Et effectivement, aucune véritable théologie de la prophétie chrétienne n'a jamais été développée et de fait, les études sur ce problème sont extmement rares [...].

Dans son activité théologique, le cardinal Joseph Ratzinger s'est occupé très tôt et de façon approfondie du concept de Révélation. Sa thèse de doctorat sur La Théologie de l'histoire de Saint Bonaventure (PUF, 1988) a été ressentie à l'époque où elle a paru comme tellement novatrice qu'elle a été dans un premier temps rejetée (Voir J. Ratzinger, Ma vie : Souvenirs (1927-1977), Fayard, Paris 1998). C'est que la Révélation était alors encore conçue comme un recueil de propositions divines et comme un ensemble de connaissances rationnelles. Or Ratzinger s'est aperçu au cours de ses recherches que, chez Bonaventure, la Révélation se réfère à l'action de Dieu dans l'histoire, histoire dans laquelle la vérité se vèle de fon progressive. La Révélation est une croissance permanente de l'Église dans la plénitude du Logos [...].

Pour que son travail fût accepté, Joseph Ratzinger dut duire et revoir notablement son texte. Depuis lors, il fend une conception dynamique de la Révélation: selon lui, « la Parole (Christ) est toujours plus grande que toute autre parole et aucune autre parole ne pourra jamais l'exprimer pleinement. Ou mieux, les paroles participent de la plénitude inépuisable de la Parole; c'est grâce à celle-ci qu'elles s'ouvrent et donc croissent dans la rencontre avec chaque génératio» [...].

On ne peut arriver à une définition théologique de la prophétie chtienne que dans le cadre d'une telle conception dynamique de Révélation. En 1993 déjà, le cardinal Ratzinger déclarait qu'il était « urgent de mener une recherche approfondie pour établir ce que signifie être prophèt» [...]. Nous avons donc demandé à rencontrer le cardinal Ratzinger pour parler avec lui du problème de la proptie chrétienne.

[...] 


P. 3-8.

3) Comment, selon vous, tout cela apparaît-il concrètement dans le Nouveau Testament? La mort du dernier apôtre ne constitue-t-elle pas une limite définitive au-delà de laquelle la possibilité de toute prétention prophétique se trouve absolument exclue?

RATZINGER: Oui, la thèse selon laquelle l'accomplissement de la Révélation a marqué la fin de toute prophétie existe effectivement. Mais il me semble qu'il y a dans cette thèse un double malentendu. D'abord, il s'y cache l'idée que le prophète, qui est essentiellement associé à la dimension de l'espérance, n'a plus de rôle à jouer, parce que, précisément, le Christ est désormais et que la présence est venue remplacer l'espérance. Il s'agit d'une erreur, car le Christ s'est fait chair, aps quoi il est ressuscité dans l'Esprit Saint. Cette nouvelle présence du Christ dans l'histoire, dans le sacrement, dans la Parole, dans la vie de l'Église, dans le cœur de chaque homme, est l'expression et le début de l'avènement définitif du Christ «qui remplit toute chose ». (cf. Ep 1, 23 ; cf. Ep 4, 10.)

Cela signifie que le christianisme va toujours vers le Seigneur qui vient, dans un mouvement intérieur. Mouvement qui se produit aujourd'hui encore, mais de façon différente car le Christ est psent. Le christianisme porte, en effet, toujours en lui une structure d'espérance. L'eucharistie a toujours é conçue comme une marche vers le Seigneur qui vient. Aussi repsente-telle l'Église entière. L'ie que le christianisme est une présence dé totalement complète et qu'il ne porte pas en lui de structure d'espérance est la première erreur qu'il faut rejeter. Le Nouveau Testament a en lui une structure d'espérance, différente certes, mais qui reste cependant toujours une structure d'espérance radicale. Dans le nouveau peuple de Dieu, il est donc essentiel pour la foi de se faire serviteur de l'espérance.

Le second malentendu consiste en une comphension intellectualiste et réductrice de la Révélation. Celle-ci est considérée comme un tsor de connaissances transmises, absolument complètes, auxquelles on ne peut rien ajouter. Or l'événement authentique de la Révélation, c'est que nous sommes introduits dans le face à face avec Dieu. La Révélation, c'est essentiellement Dieu qui se donne à nous, qui construit avec nous l'histoire, qui nous unit et nous rassemble tous. C'est l'événement d'une rencontre, lequel possède aussi, en soi une dimension de communication et une structure cognitive. Dimension qui a des implications dans l'ordre de la connaissance de la vérité de la Révélation.

Cela, compris en son juste sens, signifie que la Révélation a atteint son but avec le Christ, parce que — selon la belle expression de saint Jean de la Croix — quand Dieu a parlé personnellement, il n'y a plus rien à ajouter. On ne peut rien dire de plus que le Logos. Celui-ci est au milieu de nous de façon complète et Dieu ne peut nous donner ni nous dire quelque chose de plus grand que Lui-même. Mais, précisément, cette totalité du don de Soi de Dieu — à savoir que Lui, le Logos, est psent dans la chair — signifie aussi que nous devons continuer à pénétrer ce Mystère.

Et cela se relie à la structure de l'espérance. La venue du Christ est le but d'une connaissance toujours plus profonde et d'une découverte progressive de ce qui est donné dans le Logos. De cette façon, c'est un nouveau moyen d'introduire l'homme dans la vérité tout entière qui s'offre, comme le dit Jésus dans l'Évangile de Jean, lorsqu'il parle de la descente de l'Esprit Saint (Cf. Jn 16, 13) Je considère que la christologie pneumatique du discours par lequel Jésus prend congé (Cf. Jn 16, 5 et s.) est ts importante pour notre sujet: le Christ explique en effet que sa venue dans la chair n'est qu'un premier pas.

La venue effective se réalise dans la mesure le Christ n'est plus lié à un lieu ou à un corps limité localement, mais vient en Esprit, chez tous, comme Ressuscité et fait en sorte que l'ente dans la vérité acquière toujours plus de profondeur. Il me paraît personnellement clair que — précisément quand cette christologie pneumatique détermine le temps de l'Église, c'est-à-dire le temps dans lequel le Christ vient à nous en Esprit — l'élément prophétique, comme élément d'espérance et de rappel, ne peut naturellement être absent ni disparaître.

 

4) De quelle façon cet élément est-il psent? Comment se présente-t-il par exemple chez saint Paul?

RATZINGER: Chez Paul, il est particulièrement évident que l'apostolat, qui est un apostolat universel adressé à la totalité du monde païen, comprend aussi la dimension prophétique. Grâce à sa rencontre avec Jésus ressuscité, il nous ouvre au mystère de la surrection et nous introduit dans la profondeur de l'Évangile. Grâce à cette rencontre, il apprend à comprendre de façon nouvelle la Parole du Christ: il met en évidence ce qu'il y a en elle d'espérance et fait valoir ses potentialités critiques.

Être un apôtre est naturellement un phénomène qui ne peut se péter. La question qui se pose est donc de savoir ce qui arrive dans le temps de l'Église, aps la fin de l'époque apostolique. Pour pondre à cette question il me paraît ts important de relire un passage du second chapitre de l'épître aux Éphésiens dans lequel Paul écrit : l’Eglise est fondée « sur les apôtres et sur les prophètes » (cf. Ep 2, 20 ; cf. Ep 4, 11).

On pensait autrefois que par apôtres il fallait entendre ici les Douze apôtres et par prophètes ceux de l'Ancien Testament. L'exégèse moderne nous dit que le concept d'apôtre doit être entendu en un sens plus large, et que celui de prophète doit être rapporté aux prophètes dans l'Église. On apprend dans le chapitre douze de la première épître aux Corinthiens que les prophètes constituaient alors un collège. La même chose est mentionnée par la Didac dans laquelle ce collège est encore ts clairement psent.

Plus tard, le collège des prophètes disparut en tant qu'institution. Et ce n'est pas un hasard, car l'Ancien Testament nous montre que la fonction du propte ne peut être institutionnalisée. La critique des prophètes n'est pas seulement dirigée contre les ptres, elle l'est aussi contre les prophètes institutionnalisés. C'est ce que l'on voit de façon ts claire dans le livre du propte Amos, dans lequel ce dernier parle contre les prophètes du gne d'Israël. Les prophètes parlent souvent contre les prophètes comme institution. C'est que l'espace prophétique est éminemment celui dans lequel Dieu se serve d'intervenir en personne, à chaque fois et de nouveau, et de prendre l'initiative. Un tel espace ne peut donc prendre la forme d'un nouveau collège institutionnalisé. Il me semble qu'il devrait avoir une double forme, comme du reste cela a é le cas durant toute l'histoire de l'Église.

Pour ce qui est de la première forme, la ptention à la prophétie devrait être toujours reconnue dans le colge apostolique, de même que les apôtres étaient aussi, à leur façon, des prophètes. De sorte que, dans l'Église, on ne valorise pas seulement le psent, mais que l'Esprit Saint conserve lui aussi toujours une possibilité d'action. Action que l'on peut observer dans l'histoire de l'Église, à travers de grandes figures comme celles de Grégoire le Grand et d'Augustin.

Nous pourrions citer le nom d'autres grands personnages qui ont assumé des charges à l'intérieur de l'Église et qui ont aussi été des figures proptiques. On peut ainsi voir que les figures institutionnelles laissent elles-mêmes la porte ouverte à l'Esprit Saint. Ce n'est qu'ainsi qu'elles ont pu accomplir leur charge de façon prophétique, comme le dit très bien la Didachè.

La seconde forme prévoit que Dieu se serve le droit d'intervenir directement, par les charismes, dans l'Église pour la réveiller, l'avertir, la promouvoir et la sanctifier. Je crois que cette histoire prophético-charismatique traverse le temps de l'Église. Elle est toujours psente, surtout dans les moments les plus critiques, les moments de transition. Pensons, par exemple, à la naissance du monachisme, à sa première manifestation que constitue la retraite de saint Antoine dans le désert. Ce sont les moines qui ont sauvé la christologie de l'arianisme et du nestorianisme.

Basile est lui aussi l'une de ces figures, lui qui fut un grand évêque et en même temps un vrai propte. Il n'est pas difficile non plus d'apercevoir, par la suite, dans le mouvement des ordres mendiants, une origine charismatique. Ni Dominique ni François n'ont fait de propties portant sur l'avenir, mais ils ont compris qu'était arrivé pour l'Église le temps de se libérer du système odal, de redonner de la valeur à l'universalité et à la pauvreté de l'Évangile, comme d'ailleurs à la vita apostolica. Ils ont, ce faisant, rendu l'Église à sa véritable nature, celle d'une Église animée par l'Esprit Saint et conduite par le Christ en personne. Ils ont marqué un nouveau début et ont ainsi conduit à la forme de la hiérarchie ecclésiastique.

On peut citer encore comme exemples Catherine de Sienne ou Brigitte de Suède, deux grandes figures de femmes. Il est, je pense, ts important de souligner comment, dans un moment particulièrement difficile pour l'Église, tel que l'a é celui de la crise d'Avignon et du schisme qui s'en est suivi, des femmes se sont lees pour souligner la ptention du Christ qui vit et souffre dans son Église.

 

5) Quand on examine l'histoire de l'Église, il apparaît clairement que la majeure partie des prophètes mystiques sont des femmes. C'est un fait très intéressant qui pourrait entrer en ligne de compte dans la discussion sur le sacerdoce des femmes. Qu'en pensez-vous?

RATZINGER: Il existe une ancienne tradition patristique qui qualifie Marie non de ptresse mais de prophétesse. Dans cette tradition, le titre de prophétesse est, par excellence, le titre de Marie. C'est en Marie que se définit ce qu'est précisément la prophétie, à savoir cette capacité intime d'écouter, de percevoir, de sentir, qui permet de ressentir la consolation de l'Esprit Saint, en l'accueillant en soi, en le condant, et en l'offrant, fertile, au monde. On pourrait dire, en un certain sens, sans vouloir être catégorique, que la ligne mariale repsente précisément dans l'Église la dimension prophétique. Marie a toujours é vue par les Pères de l'Église comme l'archétype du propte chtien, et c'est d'elle que part la ligne prophétique qui entre ensuite dans l'histoire de l'Église.

Les sœurs des grands saints appartiennent aussi à cette ligne. Saint Ambroise doit beaucoup à sa sainte sœur pour le chemin spirituel qu'il a parcouru. La même chose vaut pour Basile et Grégoire de Nysse, comme du reste pour saint Benoît. Ensuite, à la fin du Moyen Âge, nous rencontrons de grandes figures minines parmi lesquelles il faut mentionner Françoise Romaine.

Au XVIe siècle, Thérèse d'Avila a joué un rôle ts important dans la spiritualité de Jean de la Croix, comme, de fon plus vaste, pour le développement général de la foi et de la votion.

La ligne proptique minine a eu une grande importance dans l'histoire de l'Église. Importance que les exemples de Catherine de Sienne et de Brigitte de Suède peuvent nous aider à comprendre. Toutes les deux ont parlé à une Église dans laquelle existait le collège apostolique et les sacrements étaient distribués. L'essentiel existait donc encore, même si cette existence était menacée par le développement des luttes internes. Elles ont réveillé l'Église et ont remis en valeur en elle le charisme de l'unité, l'humilité et le courage évangéliques ainsi que l'évangélisation.

 

6) Vous avez dit que le caractère définitif de la vélation dans le Christ ce qui ne veut pas dire qu'elle constitue une conclusion, n'est pas le caractère définitif des propositions. Cette affirmation psente un grand intérêt pour le thème de la prophétie chtienne. Mais il est permis de se demander dans quelle mesure les prophètes, dans l'histoire de l'Église et dans celle même de la théologie, peuvent dire quelque chose de radicalement nouveau. Il semble prouvé que la majeure partie des derniers grands dogmes est à mettre plus ou moins directement en relation avec les vélations de grands saints prophètes, comme par exemple les vélations de Catherine Labouré et le dogme de l'Immaculée Conception. C'est un thème assez peu exploré dans les livres de théologie.

RATZINGER: Oui, ce thème demanderait à être traité en profondeur. Il me semble que von Balthasar a mis en évidence que derrière chaque grand tologien, il y a toujours, d'abord, un propte. Augustin est impensable sans la rencontre avec le monachisme, spécialement avec saint Antoine. La même chose vaut pour Athanase. Thomas d'Aquin ne serait pas concevable sans Dominique, sans le charisme de l'évangélisation qui lui était propre. On remarque, à la lecture de ses écrits, combien ce thème a été important pour lui. Thème qui a joué un rôle de premier ordre lorsque, dans sa dispute avec le clergé séculier et avec l'Université de Paris, il fut appelé à réfléchir sur les motivations de sa gle de vie.

Et il a déclaré que la vraie règle de son Ordre se trouve dans les Écritures Sacrées et qu'elle est constituée par le quatrième chapitre des Actes des Apôtres (« ils n'avaient qu'un cœur et qu'une âm», cf. Ac 4, 32) et par le dixième chapitre de l'Évangile de Matthieu (annoncer l'Évangile sans ptendre à rien pour soi, cf. Mt 10, 8-10). Telle est, pour Thomas, la gle de toutes les règles. Chaque forme monastique ne peut être que la réalisation de ce modèle originaire, qui a naturellement un caractère apostolique, mais que la figure prophétique de Dominique lui a fait redécouvrir sous un jour nouveau.

À partir de ce premier modèle, Thomas développe sa théologie comme évangélisation, c'est-à-dire comme le fait de circuler dans le monde avec et pour l'Évangile, en partant de la réalité bien enracinée du n'avoir qu'un cœur, qu'une âme de la communauté des croyants. On pourrait dire la même chose de Bonaventure et de François d'Assise; la même chose se produit pour Hans Urs von Balthasar qui est impensable sans Adrienne von Speyr.

Je crois qu'il est possible de démontrer comment, pour tous les grands tologiens, une nouvelle élaboration n'est possible que si l'élément prophétique a, au palable, ouvert un passage. Tant que l'on procède de façon purement rationnelle, rien de nouveau ne peut se produire. On pourra, peuttre, construire des sysmes toujours plus pcis, on soulèvera des questions toujours plus subtiles, mais le passage par où peut resurgir la grande théologie ne peut être l'effet du travail rationnel de la théologie, mais celui d'une pression charismatique et prophétique. Et c'est en ce sens, selon moi, que la prophétie et la théologie vont toujours d'un même pas.

La théologie, comme science théologique au sens strict, n'est pas proptique. Et elle ne peut devenir théologie vivante que quand elle est poussée et éclaie par une impulsion prophétique.

 

[...]

 

P. 12

14) De nombreux prophètes chtiens comme Catherine de Sienne, Brigitte de Suède et Faustina Kowalska font remonter leurs discours prophétiques à des vélations du Christ. Ces révélations sont souvent définies par la théologie comme des vélations privées. Ce concept apparaît cependant comme très ducteur parce que la prophétie existe toujours pour toute l'Église et n'est jamais purement privée.

RATZINGER: En théologie le concept de privé ne signifie pas que la personne impliquée est seule concernée et que toutes les autres ne le sont pas elles aussi. C'est plutôt une expression qui regarde le deg d'importance, comme c'est le cas, par exemple, pour le concept de messe privée. On entend dire par ce terme que les révélations des mystiques chtiens et des prophètes ne peuvent jamais s'élever au même niveau que la Révélation biblique: elles ne peuvent que mener jusqu'à celle-ci et doivent se mesurer avec elle. Ceci, par ailleurs, ne signifie pas que ce type de vélations ne soit pas important pour l'Église dans sa totalité. Lourdes et Fatima prouvent le contraire. En dernière analyse, ces révélations ne sont rien d'autre qu'un nouvel appel à la Révélation biblique, mais c'est précisément cela qui les rend importantes.

 

15) L'histoire de lglise montre que cela comporte nécessairement des blessures de part et d'autre. Comment expliquez-vous cela?

RATZINGER: Il en a toujours éainsi; l'impact prophétique ne peut se produire sans une souffrance réciproque. Le prophète est appelé d'une manière scifique à l'imitation de la souffrance: il se reconnaît au fait qu'il est pt à souffrir et à partager la croix avec le Christ. Il ne cherche pas à s'imposer lui-même. Son message est vérif et rendu fertile dans la croix.

 

16) Il est regrettable de constater que la plus grande partie des prophètes de l'Église ont été rejetés durant leur vie. Il semble quasi inévitable que l'Église adopte une attitude critique ou même une attitude de refus à leur endroit. C'est ce que l'on peut observer pour la majorité des prophétesses et des prophètes chtiens.

RATZINGER: Oui, c'est vrai. Ignace de Loyola a été en prison, la même chose est arrivée à Jean de la Croix. Brigitte de Suède a manqué d'être condamnée au Concile de Bâle. Du reste, c'est une tradition de la Conggation pour la Doctrine de la Foi d'être, dans un premier temps, ts prudente quand elle se trouve face à des ptentions mystiques. Cette attitude est, du reste, plus que justifiée, car il existe beaucoup de fausse mystique, beaucoup de cas pathologiques. Il est donc nécessaire de se montrer ts critique pour ne pas risquer de tomber dans le sensationnel, l'imaginaire, la superstition. Le mystique se manifeste dans la souffrance, dans l'oissance et dans la patience dont il est capable. S'il se manifeste ainsi, sa voix dure dans le temps. Quant à l'Église, elle doit veiller à ne pas encourir le reproche d'avoir « tué les prophète» (cf. Lc 13, 34 et Mt 23, 37-39).

 [...]

 



03-08-2013 | Commentaires (0) | Public
voirAjoutez votre commentaire

Identification
Pseudo
 
Mot de passe

Mot de passe oublié ?
S'inscrire à ce site
Étudier
Calendrier
<< décembre 2018 >>
dim lun mar mer jeu ven sam
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31