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Voici un homme dont le nom est Germe
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1. Miraculeusement guéri par Jésus, l'aveugle-né de l'Évangile est soumis à une enquête menée par les chefs religieux de l'époque. Comme il persiste à proclamer que le Galiléen contesté est un homme de Dieu, il est jeté hors de la synagogue : excommunié en quelque sorte. Jésus semble apprécier sa droiture et son courage. À ses yeux, cet homme est mûr pour la révélation de sa messianité. Et de fait, le miraculé s'écrie : Je crois, Seigneur, et il se prosterne devant lui. Le commentaire de l'événement, que fait le Christ Lui-même, ne laisse pas d'être étrange : C'est pour un jugement que je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles. (Cf. Jn 9, 29-34; 9, 38-39)

2. Ces mots ont dû être prononcés à haute voix, car, relate l'Évangile de Jean : Des Pharisiens, qui se trouvaient avec lui, entendirent ces paroles et lui dirent : Est-ce que nous aussi, nous sommes aveugles? La réponse de Jésus jaillit, plus incisive qu'un glaive à deux tranchants : Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais c'est parce que vous dites : Nous voyons, que votre péché demeure. (cf. He 4, 12; Jn 9, 40-41).

3. Cet épisode nous aide à comprendre ce qui est en jeu ici. Le prophète de Galilée fait des prodiges. On murmure qu'il est le Messie. La hiérarchie et l'élite religieuses peuvent d'autant moins prendre ses allégations à la légère, qu'elles considèrent Jésus comme un imposteur. Restent les miracles. Ce genre de signes est traditionnellement reconnu comme confirmant la faveur divine dont bénéficie celui qui les produit. Témoin, l'aveugle-né, face aux docteurs : Nous savons que Dieu n'écoute pas les pécheurs, mais si quelqu'un est pieux et fait sa volonté, celui-là, il l'écoute. (Cf Mt 27, 63; Jn 9, 31).

4. Pour justifier leur incrédulité, les autorités s'entêtent : Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. En certaines occasions, on va même jusqu'à calomnier Jésus. Des pharisiens n'hésitent pas à affirmer : C'est par Béelzéboul, le prince des démons, qu'il expulse les démons. (Jn 9, 24; Lc 11, 15 et parallèles).

5. Ce n'est pas un hasard si la belle profession de foi de l'aveugle lui a valu, de la part des hommes, une sanction religieuse : l'expulsion de la synagogue et, de la part de Dieu, une grâce : la révélation de la messianité de Jésus. Et de fait, cet épisode a valeur d'exemple et de leçon pour la méditation qui est la nôtre ici. Tout se passe, en effet, comme si l'état de marginal, pourvu qu'il soit vécu dans le courage intérieur et la sincérité, crée, chez celui qui s'y trouve, les conditions d'une sensibilité peu commune à l'agir de Dieu, dont les pensées ne sont pas nos pensées, et les voies ne sont pas nos voies. (Cf. Is 55, 8).

6. On constate souvent que de telles personnes, lorsqu'elles sont humbles et accomplissent la volonté divine, sont les mieux disposées à croire que le peuple de Dieu selon la chair est rétabli, restauré dans ses prérogatives d'antan. Même leur ignorance ne constitue pas un obstacle, car c'est Dieu qui leur ouvre l'esprit pour qu'ils comprennent les Écritures. Il leur fait découvrir un phénomène scripturaire, au demeurant patent, mais qui semble avoir échappé aux spécialistes, à moins qu'ils ne lui attribuent pas la moindre signification. Faute de trouver une expression plus adéquate, on nommera ce processus mystérieux : la "réalisation apocatastatique des prophéties". (Cf. Lc 24, 45).

7. Il ne s'agit ni de spéculation, ni de théologie, mais de la révélation d'un mystère enveloppé de silence aux siècles éternels. C'est une disposition de la Sagesse divine qui a comme 'tissé' l'entièreté de Son dessein dans 'l'ovule de l'Écriture', pour le féconder ensuite, par le Germe de Sa Parole - le Verbe de Dieu -, jusqu'à ce que toutes ses virtualités se déploient dans le devenir humain et que, l'Esprit, après nous avoir illuminés, nous conduise à la vérité intégrale. (Rm 16, 25; cf. Jn 16, 13).

8. C'est ce qu'exprime Isaïe, en ces termes : De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n'y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour fournir la semence au semeur et le pain à manger, ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche: elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j'ai voulu et réalisé l'objet de sa mission. (Is 55, 10-11).

9. Voici un premier exemple de ce processus. Le massacre des enfants de Bethléem, en lieu et place de Jésus, est présenté par l'Évangile comme accomplissant la prophétie de Jérémie : Une voix dans Rama s'est fait entendre, pleur et longue plainte : c'est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas qu'on la console, car ils ne sont plus. Or, si nous nous reportons à la suite du texte évoqué, nous constatons que Jérémie poursuit, en ces termes : Ainsi parle le SEIGNEUR : Cesse ta plainte, sèche tes yeux! Car il est un salaire pour ta peine, oracle du SEIGNEUR, ils vont revenir du pays ennemi. Car il est un espoir pour ton avenir, oracle du SEIGNEUR, ils vont revenir, tes fils, dans leurs frontières. (Mt 2, 18 = Jr 31, 15.16-17).

10. Est-ce faire preuve de fondamentalisme que de considérer que s'est réalisée, sous nos yeux, cette seconde partie de la prophétie de Jérémie, qui ne s'était jamais accomplie ? De fait, ces fils que l'on croyait perdus, ces descendants des massacrés de Bethléem, de Jérusalem, de Massada, des bûchers de l'Inquisition, des pogroms et des camps de la mort, sont revenus dans leurs frontières, et la face du monde pourrait bien en être renouvelée. (Cf. Ps 104, 30).

11. Autre exemple de 'réalisation apocatastatique'. Il n'était pas pleinement accompli, ce passage d'Isaïe, lu par Jésus dans la synagogue de Nazareth : L'Esprit du SEIGNEUR est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du SEIGNEUR. (Lc 4, 18-19 = Is 61, 1-2).

12. Le contexte du passage d'Isaïe rend clair que l'Oint du SEIGNEUR n'est pas envoyé pour proclamer seulement une année de grâce. En effet, le texte poursuit ainsi, sans césure : et un jour de vengeance pour notre Dieu, pour consoler tous les affligés, pour prêter attention aux affligés de Sion, pour leur donner un diadème au lieu de cendre, de l'huile de joie au lieu d'un vêtement de deuil, un manteau de fête au lieu d'un esprit abattu ; et on les appellera térébinthes de justice, plantation du SEIGNEUR pour se glorifier. (Is 61, 2-3).

13. La suite de l'oracle est fortement consonante avec le retour dans les frontières, évoqué plus haut : Ils rebâtiront les ruines antiques, ils relèveront les restes désolés d'autrefois ; ils restaureront les villes en ruines, les restes désolés des générations passées. C'est bien ce qu'accomplit obscurément cette fraction du peuple juif qui fait revivre sa terre et son histoire, tandis que grondent les nations... Jusqu'au jour où les rois de la terre se ligueront contre le SEIGNEUR et contre Son Oint. (Is 61, 4); Ps 2, 1-2).

14. C'est encore la fin de cette même prophétie d'Isaïe qui s'accomplira, aux temps messianiques : Des étrangers viendront paître vos troupeaux, des fils d'étrangers seront vos laboureurs et vos vignerons. Mais vous, vous serez appelés prêtres du SEIGNEUR ; on vous nommera ministres de notre Dieu. Vous vous nourrirez des richesses des nations; vous leur succéderez dans leur gloire. Au lieu de votre honte vous aurez double part, au lieu de l'humiliation les cris de joie seront leur part. Aussi recevront-ils double héritage dans leur pays et auront-ils une joie éternelle. (Is 61, 5-7).

15. Et il en est ainsi de plusieurs autres textes du Nouveau Testament. Ils sont traditionnellement considérés comme des réalisations des prophéties de l'Ancien Testament parce que leur application à Jésus a été expressément faite, soit par les rédacteurs des Évangiles, soit par la méditation de l'Église. Il va de soi que cette application, dite 'christologique', s'impose à la foi des chrétiens, même lorsque les raisons n'en sont pas démontrables selon les critères de la rationalité. Il n'est donc pas question de la remettre en cause. Ce que l'on tente de mettre en lumière ici, c'est l'aspect 'récapitulatif' et 'apocatastatique' des prophéties ou - pour le dire autrement -, le caractère 'germinal', ou 'spermatique' qu'affecte leur application christologique. On y reviendra. (Voir «La 'génétique' divine»).

16. Il est temps, nous semble-t-il, de tenter de lever le voile sur un aspect, resté jusqu'alors caché ou mal explicité, de la double portée des prophéties à caractère messianique et eschatologique. Mais tous n'ont pas la science, et le discernement de ce processus, ainsi que la détermination des passages scripturaires auxquels il s'applique, sont chose délicate et requièrent une grâce particulière. (Cf. 1 Co 8, 7).

17. L'acceptation de cette perspective suppose la foi en l'accomplissement inéluctable des Écritures, qu'atteste cette parole de Jésus : N'allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. (Mt 5, 17).

18. Et à ceux qui, comme les contemporains d'Ézéchiel, disent : La vision que celui-là voit est pour une époque lointaine, il prophétise pour un avenir éloigné, Dieu répond Lui-même : Il n'y a plus de délai pour toutes mes paroles. Ce que je dis est dit et se réalisera, oracle du SEIGNEUR Dieu. (Ez 12, 27-28).

19. C'est pour ce temps, encore à venir, que Sophonie dit, au nom de Dieu : En ce temps-là, je vous guiderai, au temps où je vous rassemblerai. Alors, je vous donnerai louange et renommée parmi tous les peuples de la terre, quand j'accomplirai votre restauration sous vos yeux, dit le SEIGNEUR. (So 3, 20).

20. C'est en contemplant, dans l'Esprit, ce futur rétablissement glorieux de Son peuple, que Jésus s'est écrié à l'adresse des incrédules : N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte; c'est là l'œuvre du Seigneur, et elle est admirable à nos yeux ? Et encore : Vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. (Mt 21, 42 et parallèles = Ps 118, 22-23; Mt 23, 39).

21. Et parce qu'ils ne connaissent pas le dessein du SEIGNEUR, les chrétiens, dans leur grande majorité, ont cru - et beaucoup d'entre eux croient encore - sur la base de ce texte, que c'est à cause du refus juif de croire en Jésus et de confesser sa messianité, que la Parousie est indéfiniment retardée, mais ils seront confondus. (Cf. Mi 4, 12; cf. Is 66, 5)

22. Ils ne comprennent pas que ces paroles prophétiques de Jésus constituent une mystérieuse allusion à la 'réalisation apocatastatique' des Écritures, dont le présent écrit s'efforce de témoigner. Ce texte, en effet, concerne le peuple juif auquel Pierre applique, lui aussi, ce passage du Psaume : C'est lui la pierre que vous, les bâtisseurs, avez dédaignée, et qui est devenue la pierre d'angle. Or, si l'on se reporte au contexte du Psaume, on lit : Il m'a châtié et châtié, le SEIGNEUR, à la mort il ne m'a pas livré… Voici le Jour que fit le SEIGNEUR, pour nous allégresse et joie. Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur! (Ac 4, 11; Ps 118, 17-26).

23. Il y a donc un Jour - la Parousie - où se produira, pour les Juifs, ce qui arriva à Thomas l'incrédule. Ils pourront voir et toucher Celui qu'ils sont censés avoir rejeté de leur plein gré, alors qu'ils ne pouvaient croire en Lui. En ce temps-là, annonce Isaïe, ils verront, les yeux dans les yeux, le SEIGNEUR revenant à Sion. Alors, jaillira de leur cœur la profession de foi messianique qui sanctionnera leur admission, véritable vie d'entre les morts : Béni soit, dans le nom du SEIGNEUR, Celui qui vient ! (Cf. Jn 20, 27; Is 52, 8; Rm 11, 15; Ps 118, 26).

24. Par la citation explicite qu'il a faite d'un passage des Écritures (ici, le Psaume 118), Jésus s'en est 'approprié' la portée messianique en l'appliquant à Sa mission et à Son témoignage personnels uniques - ce qui est la 'récapitulation'. En en prophétisant l'accomplissement plénier, Il en a 'signifié' la portée eschatologique - ce qui est 'l'apocatastase' *. C'est en Jésus, Messie d'Israël et des nations que se récapitulent, en germe et en vue de leur réalisation 'apocatastatique', au temps connu de Dieu seul, les prophéties de la fin des temps et de l'irruption du Royaume de Dieu : Ainsi parle le SEIGNEUR Sabaot. Voici un homme dont le nom est Germe. Là où il est, quelque chose va germer. (Za 6, 12).


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21-10-2005 | Commentaires (0) | Public
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