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La « génétique » divine
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1. Quiconque aura lu ce qui précède, avec un cœur sincère et sans prévention, aura compris, espérons-le, que la centralité unique et indépassable du Premier-Né de toute créature n'est en rien entamée par l'exégèse 'apocatastatique' ici exposée. Cette interprétation déconcertera sans doute plus d'un croyant. Il se peut même que certains croient y déceler un parfum d'hérésie. Or, on l'a vu plus haut, la notion d'apocatastase * n'est pas une invention. Le terme figure dans le Nouveau Testament, tant à la forme verbale (apokathistanai) qu'à la nominale (apokatastasis), au sens général de 'remettre en ordre' (ou 'en état'), mais aussi - on l'a vu - au sens de 'réaliser' (ce qui était promis), 'manifester' (ce qui était annoncé). (Pour le verbe grec sous-jacent à la notion d'apocatastase *, au sens où elle est comprise dans les textes réunis sur ce site, cf. Mt 17, 11 = Mc 9, 12; Ac 1, 6; Ac 3, 21).

2. Nous tenterons de faire de même, par la comparaison suivante. Qui n'a entendu parler des prouesses de ce que l'on nomme aujourd'hui le 'génie génétique' ? Jusqu'à il y a peu, un nouveau-né dont le patrimoine chromosomique s'avérait déficient était condamné à une mort certaine, ou à une invalidité permanente. Aujourd'hui, le généticien peut, dans certains cas, intervenir sur les gènes d'un individu pour ajouter, modifier, ou supprimer un chromosome. Nous avons là un moderne paradigme, susceptible de nous aider à nous représenter l'admirable mystère de l'incarnation rédemptrice, dont l'eucharistie constitue l'aspect le plus concret : Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Saint Paul l'a exprimé en termes prégnants, par des expressions - qu'on aurait tort de considérer comme métaphoriques - telles que, par exemple : Si donc quelqu'un est dans le Christ, c'est une création nouvelle: l'être ancien a disparu, un être nouveau est là. Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi … Pour constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ. C'est en lui que vous avez été circoncis d'une circoncision qui n'est pas de main d'homme, par l'entier dépouillement de votre corps charnel… La Tête [le Christ], dont le Corps tout entier reçoit nourriture et cohésion, par les jointures et ligaments, pour réaliser sa croissance en Dieu. Etc. (Cf. Jn 6, 55; 2 Co 5, 17; Ga 2, 20; Ga 6, 15; Ep 4, 12-13; Col 2, 11.19, etc.).

3. Dans le champ clos du Paradis, un ange se révolte intérieurement contre le dessein de Dieu de faire assumer, par Son Verbe, la condition humaine. L'inversion d'un pur esprit est, dans le monde angélique qui est celui de Dieu, le type même du dérèglement de programme chromosomique dans le monde génétique. Ce défaut originel a, dans la structure neuronale incommensurable du Cosmos - où tout est coextensif à tout, et dont l'homme constitue le système intégrateur conscient privilégié -, des conséquences catastrophiques, analogues à une réaction en chaîne incontrôlée dans une pile atomique. L'ange déchu, qui a nom Satan, a réussi la première partie de son plan de révolte, en entraînant dans sa désobéissance l'homme, sommet de la création de Dieu. Le dessein divin semble mis en échec. L'Adversaire a toutes les raisons de croire qu'il a détruit dans l'œuf le projet divin d'incarnation du Verbe, car, dès cet instant, le génome spirituel humain a subi une mutation originelle irréversible, dont les conséquences funestes vont se répercuter jusqu'à l'anéantissement de la création.

4. La démesure de l'Ange déchu trahit son ignorance. Il ne sait pas encore qu'il a déjà perdu la partie. En effet, Dieu ne change rien à Son plan initial, mais Il retourne l'arme de destruction contre celui qui l'a forgée, scellant, du même coup, le sort tragique de Son Fils. Tout ce que le Créateur a conçu, avant que fût le temps, ira inexorablement à son terme. L'histoire se met en marche, avec le cours des astres, mais elle présente des dysfonctionnements dramatiques. Les civilisations naissent, spolient et dévorent à droite et à gauche, semant le malheur, puis elles meurent, laissant place à d'autres. Quant aux humains, c'est à peine s'ils se souviennent de leur origine céleste. Leur destin, initié dans le sang et l'angoisse de l'accouchement, se termine dans la douleur et les larmes de la mort. Leur existence individuelle, éphémère, semble se dissoudre à jamais. Et tout cela, à en croire l'Écriture, par la faute de l'Adversaire : le diable, ainsi qu'en témoigne le Livre de la Sagesse : C'est par l'envie du diable que la mort est entrée dans le monde. Ils en font l'expérience, ceux qui lui appartiennent! (Cf. Sg 2, 24).

5. Mais l'Apôtre nous rappelle que l'issue de ce drame cosmique sera finalement heureuse : Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu. Si elle fut assujettie à la vanité - non qu'elle l'eût voulu, mais à cause de celui qui l'y a soumise -, c'est avec l'espérance d'être, elle aussi, libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Et non pas elle seule : nous-mêmes, qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons, nous aussi, intérieurement, dans l'attente de la rédemption de notre corps. Car notre salut est objet d'espérance. (Rm 8, 19-24).

6. Revenons à notre comparaison. On sait que les interventions chirurgicales délicates doivent être longuement et soigneusement préparées. Elles ne sont pas toutes praticables à n'importe quel âge, ni dans n'importe quelle circonstance. Il arrive même que certaines opérations ne puissent être réalisées avant que la maladie ait atteint un certain stade. C'est, en quelque sorte, ce qui s'est passé dans l'économie du Salut en Jésus, Fils de l'homme et Fils de Dieu. Quand advint la plénitude du temps, le Christ - gène divin - fut inséminé, par l'Esprit, dans le sein de Marie, pour assumer la condition de l'humanité qu'il devait rénover. Ayant vaincu le monde, dont il disait qu'il n'était pas venu pour le juger, mais pour le sauver, Il s'est livré pour nos péchés et a rendu son beau témoignage sous Ponce-Pilate. (Cf. Ga 4, 4; Jn 16, 33; Jn 12, 47; Ga 1, 4; 1 Tm 6, 13).

7. C'est ainsi qu'au prix du sacrifice rédempteur de Son Fils unique, Dieu a déposé, aux tréfonds du cosmos, le génome 'récapituleur' et 'restaurateur' de la Création, le dernier Adam : esprit vivifiant, greffon divin autour duquel se tisse inexorablement, depuis lors, le « Monde à venir », contre lequel les puissances de l'enfer ne pourront l'emporter. C'est ce processus qu'évoque Paul, lorsqu'il écrit : Si donc quelqu'un est dans le Christ, c'est une création nouvelle : l'être ancien a disparu, un être nouveau est là. (1 Co 15, 45; Mc 10, 30 et parall.; Mt 16, 18; 2 Co 5, 17).

8. Mais la 'génétique divine' va encore plus loin. C'est toute la geste de Son Peuple, consignée dans les Écritures saintes et qui constitue l'incarnation historique de Son dessein éternel de Salut, que Dieu veut réactualiser. Toutefois, l'accomplissement des Écritures et la prédication du Royaume des cieux, qui en est le corollaire, constituent à la fois le point commun et la pomme de discorde entre le Judaïsme et l'Église, voire entre les chrétiens eux-mêmes. Pour ces derniers, le Christ est l'aboutissement des Écritures. Ils se basent sur des passages comme celui-ci : Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car il a écrit de moi. (Jn 5, 46).

9. Mais Moïse n'a pas écrit que du Christ. Maints autres textes, sans contredire le christocentrisme de l'Écriture, en étendent, au contraire, la perspective. À preuve : Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, [Jésus] leur interpréta, dans toutes les Écritures, ce qui le concernait. Et encore : Puis il leur dit : Telles sont bien les paroles que je vous ai dites, quand j'étais encore avec vous : il faut que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. Et enfin : Car, je vous le dis, il faut que s'accomplisse en moi ceci qui est écrit : Il a été compté parmi les scélérats. Aussi bien, ce qui me concerne touche à sa fin. (Lc 24, 27.44; Lc 22, 37).

10. Il y a donc, dans les Écritures, ce qui concerne le Christ seul, et dont l'essentiel est déjà accompli, et ce qui concerne le Peuple de Dieu, les nations, le devenir des individus et de la création tout entière, et qui reste à accomplir. Jésus Lui-même en témoigne, lorsqu'il dit : Ne croyez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes. Je ne suis pas venu abolir mais accomplir. Car je vous le dis, en vérité : avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur l'i, ne passera de la Loi, que tout ne soit réalisé. Et ailleurs, en d'autres termes : J'aurais encore beaucoup à vous dire, mais vous ne pouvez pas le porter à présent. Mais quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous introduira dans la vérité tout entière, car il ne parlera pas de lui-même, mais ce qu'il entendra, il le dira et il vous dévoilera les choses à venir. (Mt 5, 17-18; Jn 16, 12-13).

11. On peut s'étonner de ce processus progressif. De son vivant, déjà, Jésus déconcertait en alternant dévoilements fulgurants et silences volontaires concernant sa nature messianique et divine. Les savants ont proposé diverses explications à ce phénomène, telle, entre autres, la thèse dite du 'secret messianique' ; mais sans convaincre. Tout se passe, en effet, comme si, pour Jésus, le Royaume qu'Il est venu proclamer, était déjà vraiment présent sur la terre. Il le dit, d'ailleurs, sans ambages : Le Royaume de Dieu est au dedans de (ou 'parmi') vous. Pourtant, il est bien clair que, même lorsque Jésus était encore parmi les hommes et que Ses miracles témoignaient de la présence mystérieuse du Royaume, on était encore loin des descriptions paradisiaques d'Isaïe et de celles de l'Apocalypse. (Lc 17, 21; cf., entre autres, Ap 21, 1ss., etc.).

12. De fait, cette ère de plénitude de bonheur dans une création rénovée, qu'inaugurera la venue du Royaume de Dieu en gloire sur la terre, est encore à venir. C'est peut-être le sens du tendre reproche implicite de la réponse de Jésus à Sa Mère, qui, aux noces de Cana, lui demande d'anticiper sur cette époque bénie où la nature se pliera aux moindres désirs de Dieu et de Ses Saints : Mon heure n'est pas encore advenue. Dans la bouche de Jésus le terme 'heure' a deux significations. L'une est heureuse : c'est celle qu'évoque la citation ci-dessus, et dont la brève manifestation de Jésus sur la terre, avec son cortège de miracles et de consolations, constitua l'avant-goût et l'anticipation. L'autre est tragique : c'est l'instant de la déréliction, que Jésus identifie bien : C'est votre heure et le pouvoir des ténèbres. (Jn 2, 4; Lc 22, 53).

13. Cette opposition entre le temps que Jésus appelle "mon heure", et celui qu'il nomme "votre heure", trouve son pendant dans l'opposition qu'Il établit entre "son temps" et celui de 'ce monde'. En voici une illustration. Les frères de Jésus lui reprochent d'agir dans le secret, au lieu de se montrer au monde, et l'invitent à monter à la fête : Jésus leur dit alors… Vous, montez à la fête ; moi je ne monte pas à cette fête, parce que mon temps n'est pas encore accompli… Mais quand ses frères furent montés à la fête, alors il monta lui aussi, pas au grand jour, mais en secret. (Cf. Mt 26, 18; Lc 22, 53; Jn 2, 4; Jn 7, 4.6.8.10; cf. Ep 2, 2).

14. Nul commentateur, ancien ou moderne, n'a, jusqu'ici, osé taxer Jésus de mensonge flagrant, en la circonstance. Mais aucune explication satisfaisante de son comportement curieux n'a jamais été fournie. Pourtant, il constitue une clé précieuse pour entrer plus avant dans le mystère des attitudes déroutantes de Jésus. Comme à Cana, Jésus a conscience que son heure, son temps ne sont pas encore là. Pourtant, bien qu'il sache que sa mission doit finir dans l'ignominie, il va anticiper mystérieusement son entrée eschatologique à Jérusalem. C'est donc avec raison qu'il dit ne pas monter à cette fête, car ce qu'il contemple, dans sa prescience divine, c'est le jour de son entrée définitive dans la Ville sainte, aux hosannas du peuple juif parvenu à son stade messianique. (Cf. Jn 2, 4.6.7; Mt 21, 1-11 et parall.).

15. Tout le drame et tout le mystère de l'économie du Salut résident donc en ce qu'elle se déroule dans une contiguïté entre deux espaces-temps irréductibles et inconciliables : celui de "ce monde", subverti dès l'origine par la corruption du Prince de l'empire de l'air - où spacieux est le chemin qui mène à la perdition et où beaucoup s'engagent - ; et celui du "Monde à venir", déjà inauguré dans le Royaume indécelable du Bon Pasteur - où étroit est le chemin qui mène à la Vie, et que peu trouvent. (Cf. Lc 13, 24; Ep 2, 2; Mc 10, 30; Mt 7, 13; cf. Lc 17, 20; Jn 10, 11; Mt 7, 14).

16. Le Royaume est l'espace-temps de Dieu et son lieu est le Christ. C'est en Lui que se régénère le tissu de la Création, selon le programme génétiquement inscrit dans l'Écriture, dont témoigne la description 'organique', que fait Paul, de l'édification du Corps du Christ, au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ. (Ep 4, 12-13).

17. Mais comment comprendre ces choses d'en haut dans l'opacité de notre vie d'en bas et l'infirmité de notre connaissance, face au mystère que nous scrutons ? Tant de gens se lèvent, qui affirment avoir tout compris et cherchent à imposer leur interprétation des Écritures. Et comment discerner s'il s'agit de bons ou de mauvais docteurs ? On tentera, ci-après, de répondre à ces interrogations, aussi cruciales que difficiles. (Cf. Mt 24, 11.24; Lc 21, 8; 2 P 2, 1; 1 Tm 4, 1 ss., etc.).


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21-10-2005 | Commentaires (0) | Public
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