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Qu'est-ce que l'apocatastase ?
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Apocatastase ; Qu’est-ce que l’apocatastase ? ; Le mystère de l’apocatastase ; Annonces eschatologiques à caractère apocatastatique ; Situations apocatastatiques dans le Nouveau Testament ; Paraboles à caractère apocatastatique: La vigne, le Christ et le Royaume ; Gestes et déclarations du Christ à caractère apocatastatique ; Modalités de l’accomplissement du dessein divin sur les Juifs et les chrétiens, à l’approche de la Fin des Temps ; etc.

 

 

Tout d'abord, il convient de nous arrêter un instant sur la signification de ce terme - qui semble barbare, ou sophistiqué -, d’apocatastase *. Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d'un mot savant, forgé par des théologiens ou des exégètes. En effet, le terme existe, tel quel, dans le Nouveau Testament. Malheureusement, dans leur désir – légitime au demeurant - de rendre plus compréhensibles aux croyants les paroles de l'Ecriture, des traducteurs, trop zélés vulgarisateurs, l'ont rendu par le mot, plus courant mais infiniment moins signifiant, de "rétablissement", et ce sans même évoquer - au moins en note - la richesse de contenu de la notion.

Précisons que le terme apocatastasis est un hapax, c'est-à-dire qu'il ne figure qu'une seule fois dans l’Ecriture (AT et NT). Il apparaît, sous cette forme substantive unique et intraduisible littéralement, dans le deuxième discours de Pierre, après la Pentecôte, que rapporte Luc dans le Livre des Actes (Ac 3, 21). Surcroît d'infortune : le verset où il s’insère est presque unanimement traduit (comme c'est le cas de la Bible de Jérusalem : "…Celui que le ciel doit garder jusqu'aux temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois". Défendable sur le plan grammatical, cette traduction a l'inconvénient de l'ambiguïté, en raison de son assonance avec les théories de la Grande année et du retour cyclique des astres à leur position initiale, chères aux anciens philosophes grecs. Du coup, la "restauration universelle" peut se comprendre comme la restitution-transfiguration du monde matériel après sa destruction par le feu, à la lumière de passages néotestamentaires tels que ceux-ci :

"Mais les cieux et la terre d'à présent, la même parole les a mis de côté et en réserve pour le feu, en vue du jour du Jugement et de la ruine des hommes impies." (cf. 2 P 3, 7).

"Ce sont de nouveaux cieux et une terre nouvelle que nous attendons selon sa promesse, où la justice habitera." (2 P 3, 13).

"Puis je vis un trône blanc, très grand, et Celui qui siège dessus. Le ciel et la terre s'enfuirent de devant sa face sans laisser de traces." (Ap 20, 11)

"Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle -- car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n'y en a plus." (Ap 21, 1)

Fort heureusement, certains spécialistes du Nouveau Testament, plus au fait des subtilités de la langue grecque, ont traduit de manière plus littérale et probablement plus conforme à l’intention de l’auteur : « … jusqu’au temps du rétablissement de tout ce que Dieu a dit par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois »

On le voit, la dissonance est dans les deux traductions antagonistes : "la restauration universelle dont Dieu a parlé" et "le rétablissement de tout ce que Dieu a dit".

Dans le premier cas, il s’agit d’une conception classique, familière à des consciences chrétiennes, proche sinon identique au scénario de la fin du monde, ou à celui d’une fin catastrophique de l’histoire, une espèce de mort biologique du cosmos et de l’humanité. Après cette catastrophe, le monde ancien est renouvelé (cf. Ap 21, 5).

Dans le second cas, malgré l'inadéquation du terme rétablissement (une chose dite ou annoncée n'est pas objet de rétablissement, mais de réalisation, d'accomplissement), on comprend qu'il s’agit d’une mise en vigueur de tout ce que Dieu a dit et annoncé par le ministère des prophètes. Ici, pas de fin du monde, mais une fin de la mainmise des puissances terrestres sur l’histoire et la marche du monde, et l’intrusion du Royaume de Dieu, une prise de pouvoir directe de Dieu, en quelque sorte (cf. Ez 20, 32-44).

C’est de cette apocatastase-là qu’il est question ici. Il s’agit d’un processus pré-eschatologique. Des situations annoncées par les prophètes, préfigurées par des événements de l'histoire biblique, réalisées mystérieusement et "sacramentellement" dans la geste surnaturelle de la vie de Jésus et de la fondation de l'Eglise sur les Apôtres, se reproduiront à l'approche des temps messianiques.

Ce processus de mainmise progressive de Dieu sur l’histoire, s’opère d’abord au niveau individuel (cf. "le royaume est au-dedans de vous"), au fil des siècles, jusqu’à son accomplissement plénier, à la fin des temps.

Isaïe l’entrevoyait ; lorsqu’il prophétisait :

"Qu'ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut, qui dit à Sion: « Ton Dieu règne »." (Is 52, 7).

Et l’apocalypse le dévoile en ces termes :

"Nous te rendons grâce, Seigneur, Dieu Maître-de-tout, Il est et Il était, parce que tu as pris en main ton immense puissance pour établir ton règne." (Ap 11, 17)

"Alors j'entendis comme le bruit d'une foule immense, comme le mugissement des grandes eaux, comme le grondement de violents tonnerres; on clamait: « Alleluia! Car il a pris possession de son règne, le Seigneur, le Dieu Maître-de-tout »." (Ap 19, 6).

 

© rivtsion.org

 



22-10-2005 | Commentaires (0) | Public
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