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<< Qu'est-ce que l'apocatastase ? Annonces eschatologiques à caractère... >>

Réalisation en germe
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Il est temps de préciser ce qu'on entend par "réalisation sacramentelle", ou "en germe", dans la personne de Jésus et dans l'Eglise Primitive, de ce qui se passera en plénitude à la Fin des temps. Ce n'est pas là un vocabulaire tout à fait adéquat. On s'efforce ici de traduire l'intraduisible, d'exprimer l'inexprimable, bref, de rendre en termes accessibles la teneur de ce mystère. Paul en a exprimé la partie fondamentale qui concerne l'immutabilité de la Vocation du peuple juif, tandis que Pierre en a entrevu, en un éclair prophétique, les modalités eschatologiques, dans la Parousie du Seigneur venant réaliser les promesses messianiques et sceller définitivement l'Alliance éternelle conclue avec le Peuple de Dieu, par l'instauration du Royaume Messianique sur la terre.

 

Les théologiens réformés ont d'ailleurs exprimé, à leur manière - et non sans bonheur - cette réalité mystérieuse, en utilisant l'expression "eschatologie déjà réalisée". Mais ils n'ont pas perçu que cette réalisation passait pas l'apocatastase *, ni qu'elle débouchait dans un Royaume Messianique, sur la terre (133).

 

Ce que l'on tente d'exprimer ici, avec l'infirmité du langage humain, est ceci :

 

Toute l’histoire humaine converge vers Jésus, le Fils de l'Homme par excellence, qui vient focaliser, en Lui-même, toutes choses, passées et futures, et leur donner un sens définitif et agissant pour l’éternité.

 

En LUI, toute l’histoire humano-divine se concentre et cristallise pour devenir Parole divine, fécondité, Esprit et Vie. Aussi bien, tous les événements de la vie du Messie-Jésus, depuis Sa naissance virginale jusqu'à Sa mort ignominieuse et Sa résurrection éclatante, suivie de Son ascension et de l'envoi de Son Esprit, revêtent un caractère de Centralité, de 'nucléarité', d'exemplarité, unique, définitif et éternel.

 

Foyer de l'humanité rénovée, en général, il est, à un titre encore plus particulier, plus sublime, le germe de Son Peuple à Lui, le peuple juif, dont les Chrétiens sont devenus membres, s'ils restent fidèles, et sont partie intégrante de ce Corps-là...

 

En conséquence, tous les événements de la vie du Christ prennent une signification eschatologique, en ce qu'ils accomplissent les Ecritures, en noyau, c'est-à-dire dans ce germe (134) qu'est Jésus, lequel est, par rapport à son peuple, comme la semence (135) que porte en elle toute plante (cf. Gn 1, 11). Aussi bien, tout ce qui concerne le Christ concerne Son Peuple et vice versa. C'est pourquoi, malgré les apparences, Jésus n'est pas mort en vain pour le peuple juif ; tout au contraire, il vit en lui, comme sa semence, il en est le moteur intime, la conscience imperceptible. Il est, au sens le plus fort du terme, l'âme juive de Son Peuple (136), au travers duquel il rayonne et vivifie toute l'humanité rachetée, laquelle est son Corps.

 

Mais le point qui nous intéresse plus particulièrement, ici, est le suivant : entraînés par l'événement transcendant de la manifestation d'un Dieu fait Homme, les événements contemporains du Christ se chargent d'une signification sacramentelle qui leur confère, jusqu'au temps de la Fin, une valeur d'exemple, de point de référence, une résonance et une signification dont le contenu s'épand sans cesse, dans le cours de l’histoire, jusqu'à sa consommation. C'est pourquoi, il nous faut scruter sans cesse le Nouveau Testament qui, nourri de la sève de l'Ancien, la projette dans le temps de notre Histoire humaine, salée au feu de 1'Esprit, et donne forme à la nouvelle création en cours d'élaboration, qui est proprement le Corps du Christ, son Eglise.    

 

Or, cette méditation du Nouveau Testament découvre peu à peu, à nos yeux émerveillés, une trame subtile, délicate, infiniment complexe, une structure vivante, mystérieuse et tellement inédite, inimaginable, que nous avons peine à en croire la révélation. On peut dire, en substance et de façon par trop lapidaire, que tout ce qui s’est passé au temps du Christ et des Apôtres, et jusqu’à la ruine de Jérusalem, se reproduira à des dimensions eschatologiques.

 

De fait, c'est cela l’apocatastase *. Mais il convient de préciser notre pensée, à la lumière du Nouveau Testament lui-même. Et tout d'abord, relisons attentivement la phrase-clé où figure - et là uniquement - cette notion d'apocatastase *. Resituons-en le contexte : Pierre objurgue ses coreligionnaires. Peu de temps auparavant, il a reçu l'Esprit Saint et déborde de l'Esprit de prophétie. Il n'accuse pas ses frères juifs. Au contraire, il les disculpe : ''Je sais que c'est par ignorance que vous avez agi, ainsi d'ailleurs que vos chefs" (Ac 3, 17). Il les invite à la conversion du coeur, celle qu'avait d'ailleurs prêchée Jean-Baptiste, et leur annonce une nouvelle extraordinaire (v. 20) : ce Jésus qui est monté au ciel y restera jusqu'aux temps messianiques (137).

 

C'est alors qu'intervient le contresens auquel il a été fait allusion, au début de cet exposé. Je cite ici, selon la Bible de Jérusalem : "Celui que le ciel doit garder jusqu'aux temps de la restauration universelle dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints Prophètes." (v. 21). On a fait allusion, ailleurs, à cette erreur de traduction dénoncée par certains spécialistes clairvoyants. La traduction littérale de cette phrase, donnerait : "jusqu'aux temps de l’apocatastase * de tout ce que Dieu a dit par la bouche de ses saints prophètes de jadis".

 

On mesure la différence de conséquences entre les deux traductions. Dans le premier cas, il s'agit, ni plus ni moins, d'une christianisation de la doctrine stoïcienne. La chose est d'autant plus frappante qu'on trouve textuellement, dans certains fragments des Stoïciens, l'expression "apokatastasis tou pantos"" (138) : la restauration de toutes choses". Cette doctrine, reprise par Origène *, devient "omnium consummatio" (consommation de toutes choses) ; après l'embrasement et la destruction, c'est la guérison des âmes, qui reviennent à leur état antérieur (les bonnes, comme les mauvaises, les démons comme les hommes). Mal comprise, cette thèse a dégénéré en hérésie, la faisant confondre avec la métempsychose. Quel qu'en soit le bien-fondé initial, cette théorie a le grave inconvénient de faire, de l'apocatastase *, le stade ultime de l’histoire du monde, ce dernier étant détruit avant que ne vienne le Royaume Messianique, qui est au ciel. Rien de tout cela n'est conforme à l'Ecriture, comme nous le verrons ultérieurement.

 

Ce texte des Actes, correctement traduit, dit tout autre chose : ce qui est 'restauré' (nous dirions aujourd'hui 'réactualisé'), c’est la Parole de Dieu, exprimée par les prophètes d’autrefois.

 

En clair, cela veut dire que tout ce qui a été annoncé par les prophètes s’accomplira. Jésus ne pensait pas autrement lorsqu'il affirmait : "Ne croyez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes. Je ne suis pas venu abolir, mais accomplir pleinement. Car, je vous le dis en vérité, avant que ne passent le ciel et la terre, pas un i, pas un point sur l'i, ne passera de la Loi que tout ne se réalise" (Mt 5, 17-18).

 

A la lumière de l'expression vétérotestamentaire : shuv shvut, étudiée ailleurs, nous pouvons entrevoir ce que sera l’apocatastase * annoncée par Pierre. Des situations anciennes - que l'on croyait totalement révolues - se reproduiront, à des dimensions différentes, certes, et transposées sous une forme moderne, mais facilement reconnaissables. Le cas le plus concret de ce genre d’apocatastase * est, sous nos yeux, le retour progressif du peuple juif sur sa terre, qu'il fait lentement revivre, en même temps que cette terre elle-même le ramène à ses racines, à sa langue, à ses villes d'antan et à son coeur, Jérusalem, tandis que, parallèlement, ressuscite autour de lui l'antique haine inexpiable des nations contre ce peuple et contre son Oint (Ps 2).

 

© Rivtsion.org



22-10-2005 | Commentaires (0) | Public
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