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Gestes et déclarations du Christ, à caractère apocatastatique
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Apocatastase ; Qu’est-ce que l’apocatastase ? ; Le mystère de l’apocatastase ; Annonces eschatologiques à caractère apocatastatique ; Situations apocatastatiques dans le Nouveau Testament ; Paraboles à caractère apocatastatique: La vigne, le Christ et le Royaume ; Gestes et déclarations du Christ à caractère apocatastatique ; Modalités de l’accomplissement du dessein divin sur les Juifs et les chrétiens, à l’approche de la Fin des Temps ; etc.



Les textes que nous abordons à présent sont d'un tout autre ordre que les précédents. Il ne s'agit plus de paraboles, d'enseignements, ni même de prophéties à proprement parler, pas même seulement de situations ayant une implication eschatologique. Nous avons affaire à des gestes symboliques signifiants et à des déclarations solennelles du Christ, dont nous allons voir que, si nous savons aller au-delà du voile des faits et gestes relatés et de nos conceptions limitées les concernant, nous déboucherons subitement en pleine lumière dans la Révélation de la réalisation eschatologique du Plan de Dieu, dans la dernière phase duquel l’histoire humaine est entrée.   

Nous examinerons deux thèmes privilégiés, sans prétendre épuiser la matière, car il y en a d'autres. Tout d'abord, nous étudierons l'épisode étrange du Figuier desséché par Jésus et ce que cette geste mystérieuse implique. Ensuite, nous nous pencherons avec crainte et tremblement sur la difficile question qui divise encore aujourd'hui entre eux les Chrétiens eux-mêmes : Jean Baptiste était-il Elie ?

1) Le Figuier desséché :

Etant donné la richesse extrême de connotations eschatologiques de ce passage, on en a divisé l'étude en deux parties séparées. La première traite de l'aspect eschatologique de cette geste, tandis que la seconde étudie davantage l'aspect apocatastatique, en insistant sur la restauration qui succédera au rejet antécédent.

Pour illustrer notre propos, nous le faisons précéder de cette citation éclairante de Paul, qui nous servira de fil conducteur de l'une à l'autre partie :

Rm 11, 22-23 : "Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés et envers toi, bonté, pourvu que tu demeures en cette bonté, autrement tu seras retranché, toi aussi. Et eux, s'ils ne demeurent pas dans l'incrédulité, ils seront greffés".

D'où les deux chapitres qui suivent :

a. "Autrement tu seras retranché, toi aussi" (Rm 11, 22).

 

b. "Ils seront greffés à nouveau" (Rm 11, 23).

 

a. "Autrement, tu seras retranché, toi aussi" (Rm 11, 22).

Peu d'actes de la vie de Jésus sont aussi déroutants que celui-là. Disons-le crûment, on a l'impression d'assister à une démonstration, faite par cet homme étonnant, de ses pouvoirs thaumaturgiques, afin de donner à ses disciples une leçon de foi. En tout état de cause, c'est ainsi que l’évangile selon Matthieu a compris le sens de cet épisode. Mais, avant d'aller plus loin dans l'analyse, lisons d'abord les deux versions synoptiques de l'épisode du Figuier desséché :

Mt 21, 18-22 : "Comme il rentrait en ville de bon matin, il eut faim. Voyant un figuier près du chemin, il s'en approcha mais n'y trouva rien que des feuilles. Il lui dit alors : "Jamais plus tu ne porteras de fruits." Et, à l'instant même le figuier devint sec. A cette vue, les disciples dirent, tout étonnés : "Comment, en un instant le figuier est-il devenu sec?" Jésus leur répondit : "En vérité, je vous le dis, si vous avez une foi qui n'hésite point, non seulement vous ferez ce que je viens de faire au figuier, mais même si vous dites à cette montagne : "Soulève-toi et jette-toi dans la mer", cela se fera. Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l’obtiendrez."

Mc 11, 12-14 : "Le lendemain, comme ils étaient sortis de Béthanie, il eut faim. Voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il y trouverait quelques fruits, mais, s'en étant approché, il ne trouva rien que des feuilles : car ce n'était pas la saison des figues. S’adressant au figuier, il lui dit : "Que jamais plus personne ne mange de tes fruits!" Et ses disciples l'entendaient."

La première constatation qui frappe, à la lecture synoptique de la première partie de cette scène, est l'ajout de Mc 11, 13, qui ne figure pas en Matthieu : "Car ce n'était pas la saison des figues". Cette petite remarque est le point archimédique autour duquel tout le sens de cette scène bascule. En effet, si ce n'était pas la saison des figues, pourquoi avoir desséché ce figuier ?

Pour mieux entrer dans le mystère, il convient donc d'examiner si l'AT comporte des éléments qui permettent de comprendre la leçon profonde qui se dégage de cet épisode symbolique. Et, de fait, il y en a, comme on va le voir en abordant quelques passages éclairants. Voici le premier :

Os 9, 10 : "Comme des raisins dans le désert, je trouverai Israël, comme la primeur (1) du figuier à ses prémices (bereshitah), je vis vos pères..."

Les expressions mises en exergue vont nous servir de phare. Nous avons vu ailleurs le rôle capital des 'prémices' et des 'primeurs', dont la nature respective légèrement différente n'empêche pas qu'ils soient les deux aspects complémentaires d'une même réalité, quasiment sacramentelle.

En méditant sur la transformation sublime et stupéfiante qu'a faite Jésus de ces institutions de l'AT, lors de l'institution de son sacrifice eucharistique, nous avons commencé de pressentir la portée insoupçonnée jusqu'alors qu'elles avaient en réalité. Nous avons vu également que Paul, une fois de plus, nous donnait la clé de tout le mystère en s'écriant : "Or, si les prémices sont saintes, toute la pâte aussi" (Rm 11, 16) et également lorsqu'il affirme péremptoirement des Juifs qui n'ont pas cru (ibid. v. 28) : "Ennemis, il est vrai, par référence à l'Evangile, à cause de vous, ils sont, par référence à l'élection, chéris à cause de leurs pères."

Reprenons donc ce thème de l'élection des Pères et précisons, d'emblée, qu'elle ne vaut que pour les vrais fils d'Abraham, comme le précise nettement Jésus (Jn 8, 33 ss) : "Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les oeuvres d'Abraham" (v. 39). Les Pères, donc, ont été trouvés fidèles, justement parce qu'ils ont cru aux promesses de Dieu contre toute apparence. Jésus insiste sans cesse, dans son enseignement, sur la nécessité absolue de la foi. Paul y revient très fréquemment, entre autres, dans les premiers chapitres de l'épître aux Romains, et exalte surtout la foi d'Abraham qu'il pose en modèle (voir Rm 4, cf. Ga 3). Quant à l'auteur de l'Epître aux Hébreux, dans son "éloge des Pères", qui rappelle quelque peu celui du Livre de l'Ecclésiastique (ch. 44 et suivants), il compose un véritable hymne à la foi, qui se fonde sur l'exemple des ancêtres illustres (He 11).       

Mais qu'arrive-t-il si les descendants de ces Pères - prémices - primeurs, déchoient de l'exemple reçu ? Ce que nous exprime Michée, en termes prophétiques et extraordinairement consonants, nous allons le voir, avec l'épisode évangélique du figuier desséché :              

Mi 7, 1-7 : "Malheur à moi! Je suis devenu comme un moissonneur en été, comme un grappilleur aux vendanges : plus une grappe à manger, pas une prime figue que désire mon âme! Les fidèles ont disparu du pays : pas un juste parmi les gens! Tous sont aux aguets pour verser le sang, ils traquent chacun son frère au filet. Pour faire le mal leurs mains sont habiles : le prince réclame, le juge juge pour un cadeau, le grand prononce suivant son bon plaisir. Parmi eux le meilleur est comme une ronce, le plus juste comme une haie d'épines. Aujourd'hui arrive du Nord leur épreuve; c'est l'instant de leur confusion. Ne vous fiez pas au prochain, n'ayez point confiance en l'ami; devant celle qui partage ta couche, garde-toi d'ouvrir la bouche. Car le fils insulte le père, la fille se dresse contre sa mère, la belle-fille contre sa belle-mère, chacun a pour ennemis les gens de sa maison. Mais moi je regarde vers L’ETERNEL, j'espère dans le Dieu qui me sauvera; mon Dieu m’entendra."

Tout d'abord, précisons que l'expression prime figue se traduirait mieux, mot à mot, par primeur, tout simplement. C'est toujours le mot hébreu déjà rencontré ci-dessus : bikkurah (1). A ce stade, un peu d'étymologie, et même de botanique, nous aidera à entrer dans la problématique. Commençons par la botanique. Les dictionnaires hébraïques spécialisés dans le vocabulaire biblique nous apprennent que le figuier, contrairement aux autres arbres fruitiers, donne des fruits durant tout l'été et non une seule fois en même temps. Ce que confirme d'ailleurs l'expérience. De ce fait, le figuier constituait, dans les sociétés agraires primitives, l’arbre idéal pour rassasier sa faim ou sa gourmandise, car quelle que soit l'époque de l'été où l'on se trouvait, on avait toujours des chances de pouvoir cueillir une figue sur le figuier, même si, quelque temps auparavant, quelqu'un avait littéralement pillé l'arbre.

Toutefois, les dictionnaires justifient l'emploi du terme bikkurah = primeur dans le contexte ci-dessus et d'autres parallèles, par l'explication suivante : les figues qui mûrissent les premières sont les plus recherchées et sont appelées bikkurot (2).

Ceci nous amène à l’étymologie, La racine BKR signifie essentiellement "sortir en jaillissant. Certains philologues la considèrent comme apparentée à BQR, qui signifie 'béer’, ‘trouer’, etc. Cette étymologie, si elle était avérée, aurait un immense avantage sur le plan du symbolisme scripturaire. En effet, de la racine BQR vient le mot qui signifie ‘matin’ période où la lumière jaillit'. Or, en Mt 21, 18, on nous précise que l'épisode du Figuier desséché eut lieu à la suite d'une faim qu'éprouva Jésus : "DE BON MATIN", c’est-à-dire à l'aube. Ce symbolisme mérite d'être retenu, l'aurore du jour, ou le chant du coq, étant, dans l'Ecriture et dans la tradition juive, le moment privilégié du salut, la victoire de la lumière sur les ténèbres de la nuit (3).

Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, il reste que le sens fondamental de la racine BKR, à savoir : ‘sortir en jaillissant', nous oblige à nous arrêter un instant sur la notion d'Aîné, qui en est issue. Aîné se dit, en effet, beKHor en hébreu (4). Une fois de plus, nous laisserons la parole à un spécialiste, en vertu du principe qu'il est dommage de redire, moins adéquatement, ce que d'autres ont si bien exprimé (5).

"Parmi les fils, le premier-né jouissait de certaines prérogatives. Du vivant de son père, il avait la préséance sur ses frères Gn 43, 33. A la mort de son père, il recevait une double part d'héritage, Dt 21, 17, et devenait le chef de la famille. Dans le cas de deux jumeaux, l'aîné était celui qui voyait le premier la lumière, Gn 25, 24-26; 38, 27-30 : bien qu'on ait vu d'abord la main de Zérah, c'est Pérèç qui est l'aîné, cf. 1 Ch. 2, 4, parce qu'il est sorti le premier du sein maternel. L'aîné pouvait perdre son droit de primogéniture, en châtiment d'une faute grave, ainsi Ruben après son inceste, Gn 35, 22; cf. 49, 3-4 et 1 Ch. 5, 1, ou il pouvait en faire l'abandon, ainsi Esaü vendant son droit d'aînesse à Jacob, Gn 25, 29-34. Mais la loi protégeait l'aîné contre un choix arbitraire du père, Dt 21, 15-17."

Cependant, un thème revient souvent dans l'Ancien Testament, celui du cadet qui supplante son aîné. En dehors des cas de Jacob et d'Esaü, de Pérèç et de Zérah qui viennent d'être rappelés, on peut en citer beaucoup d'autres : Isaac hérite et non pas Ismaël, Joseph est le préféré de son père, puis Benjamin, Ephraïm passe avant Manassé, David, le dernier-né, est choisi entre tous ses frères et il transmet la royauté à son plus jeune fils, Salomon. On a voulu voir, dans ces faits, l'indication d'une coutume contraire au droit d'aînesse, celle de l’ultimogéniture, qui apparaît chez certains peuples : l'héritage et les droits du père passent à son dernier-né. Mais ces cas qui sortent de la loi commune, manifestent plutôt le conflit entre la coutume juridique et le sentiment qui inclinait le coeur du père vers l'enfant de ses vieux jours, cf. Gn 37, 3; 44, 20. Surtout, la Bible marque explicitement qu'ils expriment la gratuité des choix de Dieu, qui avait agréé l'offrande d'Abel et rejeté celle de Caïn son aîné, Gn 4, 4-5, qui a "aimé Jacob et haï Esaü", Ml 1, 2-3; Rm 9, 13; cf. Gn 25, 23, qui a désigné David, 1S16, 12, qui a donné la royauté à Salomon, 1R 2, 15.

A titre de prémices du mariage, les premiers-nés appartenaient à Dieu mais, à la différence des premiers-nés du troupeau qui étaient immolés, ceux de l'homme étaient rachetés, Ex 13, 11; 15; 22, 28; 34,20, car le Dieu d'Israël abhorrait les sacrifices d'enfants, Lv 20, 2-5, etc., et cf. le sacrifice d'Isaac, Gn 22. Les Lévites étaient consacrés à Dieu comme les substituts des premiers-nés du peuple, Nb 3, 12-13; 8, 16-18.

Avant de revenir au thème du rejet de l'aîné, au profit du cadet, rappelons un autre texte éclairant, à propos de l'aîné.

Gn 49, 1 : "Ruben, tu es mon premier-né (beKHori), ma force et les prémices (reshit) de ma vigueur".           

Ce passage est intéressant pour les thèmes 'prémices' et 'primeurs’. En effet, les deux thèmes-clés y figurent : reshit et beKHor, ce qui ne fait que renforcer notre conviction qu'ils connotent, l'un comme l'autre, la même réalité fondamentale.

Mais revenons-en au thème de l'aîné. A la lumière du survol des textes, effectué par le savant que nous avons cité et à celle de la citation de Gn 49, 1 ci-dessus, nous commençons â entrevoir ce qu'est réellement l’Aînesse, ou - si l'on préfère – la PRIMOGENITURE, dans le Plan de Dieu. En effet, Israël, le Peuple de Dieu, est appelé par Lui, à deux reprises, dans l'Ecriture, 'MON PREMIER-NE" (bekhori). En tant que tout le peuple d'Israël, en Ex 4, 22 : "Ainsi parle L’ETERNEL : mon fils premier-né, c'est Israël"; mais également en tant que Royaume d'Ephraïm, les dix tribus Israélites étaient détentrices du droit d'aînesse, car elles descendaient de leur ancêtre éponyme, EPHRAIM, à qui Jacob, dans une étrange bénédiction, antérieure à celle des douze patriarches, avait conféré le droit d'aînesse (Gn ch 48) (6). De fait, nous lisons en Jr 31, 9 : "Car je suis un père pour Israël et Ephraïm est mon premier-né".

En fait, les prérogatives de l'aîné, en l'occurrence Ephraïm, c'est-à-dire les dix tribus, constitueront, pour le peuple d'Israël, un problème insoluble, lorsque le Royaume du Nord fera sécession de la Maison de Juda, lors du schisme fomenté par Jéroboam (1R 12). En effet, les schismatiques rejetteront la royauté héréditaire instaurée par Dieu lui-même et réservée à la Maison de David, elle-même issue de la Maison de Juda. Cette tribu pouvait s'enorgueillir de la bénédiction royale, inattaquable, de Jacob (Gn 49, 8-10) :

"Juda, toi, tes frères te loueront, ta main est sur la nuque de tes ennemis et les fils de ton père s'inclineront devant toi (...) Le sceptre ne s'éloignera pas de Juda, ni le bâton de chef d'entre ses pieds..."       

Cet écartèlement entre le DROIT D'AINESSE (qui faisait, de Joseph-Ephraïm, le CHEF incontestable de la grande famille d'Israël; les douze tribus) et la ROYAUTE conférée à un membre de la tribu de Juda, ne pouvait qu'aboutir à un schisme. De fait, selon toutes les apparences, seul le droit d'aînesse était voulu par Dieu et constituait le privilège de la judicature et de la direction du clan. L'intrusion de la royauté, arrachée comme, ‘de force’ à Dieu (cf. 1S ch.8; 12, 17-19; Os 13, 11) va introduire une dualité, un pouvoir bicéphale : chacune des deux 'têtes' réclamant, pour elle, la suprématie, en se référant à sa bénédiction patriarcale respective. C'est ce qui se produit lors de la querelle entre Juda et Israël, pour savoir lequel des deux principaux groupes tribaux, introniserait le roi David.

2 S 19, 41-44 : "Le roi continua vers Gilgal et Kimhân continua avec lui. Tout le peuple de Juda accompagnait le roi, et aussi la moitié du peuple d'Israël. Et voici que tous les hommes d'Israël vinrent auprès du roi et lui dirent : "Pourquoi nos frères, les hommes de Juda, t'ont-ils enlevé et ont-ils fait passer le Jourdain au roi et à sa famille et à tous les hommes de David avec lui?" Tous les hommes de Juda répondirent aux hommes d'Israël :"C’est que le roi m'est plus apparenté! Pourquoi t'irriter à ce propos? Avons-nous mangé aux dépens du roi ou nous a-t-il apporté quelque portion?" Les hommes d'Israël répliquèrent aux hommes de Juda et dirent :" J'ai dix parts sur le roi et, de plus, je suis ton aîné (7), pourquoi m'as-tu méprisé? N'ai-je pas parlé le premier de faire revenir mon roi?" Mais les propos des hommes de Juda furent plus violents que ceux des hommes d'Israël.

Faute d'avoir saisi ce "fil d'Ariane", caché "aux sages et aux puissants", beaucoup de "scribes et de docteurs de la Loi" chrétiens n'ont vu, dans la rivalité entre les deux royaumes du Tout Israël, qu’une donnée politico-ethnique, voire socio-économique! ...                

Or, si l’on en croit le mystère (dont j’ai traité ailleurs), ce schisme s'est reproduit apocatastiquement, en l'espèce des deux parties actuelles du peuple de Dieu : les Juifs (Juda) et les Chrétiens (Ephraïm). Il correspond, en effet, prophétiquement à ce qui est arrivé, après la mort de Jésus (= David). Le Royaume a été enlevé à Juda (Juifs), par suite du péché de leurs chefs (= Salomon).

Cependant, rappelons-nous l’antitype. Ayant décidé d’ôter le royaume à Salomon, Dieu lui précise :           

1 R 11, 13 : "Encore ne lui arracherai-je pas tout le royaume : je laisserai une tribu à ton fils, en considération de mon serviteur David et de Jérusalem que j'ai choisie".

Et, à Jéroboam, l’usurpateur suscité par Dieu, Il dit, par la bouche d'Ahiyya, le Prophète :             

1 R 11,35-39 : "Je te donnerai le Royaume, c'est-à-dire les dix tribus. Pourtant je laisserai à son fils (celui de Salomon) une tribu, pour que mon serviteur David ait toujours une lampe devant moi, à Jérusalem, la ville que j'ai choisie pour y placer mon Nom (...) Je te donnerai Israël et j’humilierai la descendance de David, à cause de cela, cependant pas pour toujours".        

L'aspect apocatastatique de ce mystère est tellement frappant, que nous pouvons, avec les yeux de la Foi, en voir la continuation, plusieurs décennies après la mort de Jésus. En effet, les Juifs restés incrédules à la foi chrétienne (Juda), persécutent les Chrétiens (Ephraïm). Saul en est la preuve ; avant de devenir Paul, par sa conversion, il "approuve le meurtre" d'Etienne (Ac 8, 1). Pire, "ne respirant toujours que menaces et carnage à l'égard des disciples du Seigneur, il alla trouver le grand prêtre et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s'il s'y trouvait quelques adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amenât enchaînés à Jérusalem" (ibid. 9, 1-2). De même, comme les spécialistes l’ont bien compris, par une lettre de Bar Kochba, le faux messie juif des années 130 après Jésus-Christ, celui qui dirigea la dernière révolte juive contre Rome, persécutait également les Chrétiens qui refusaient d'y prendre part et qu'il appelait ‘Galiléens’.

La tendance paulinienne, qui débloquait vigoureusement la foi au Christ de l'obligation de se soumettre aux observances de la Loi juive, ayant précipité ce processus antagoniste, il se cristallisa en un schisme religieux radical. A la faveur de la ruine du Temple, en 70, puis de la déjudaïsation quasi totale de la Judée et de la Samarie, après 135, le christianisme juif fera définitivement sécession du tronc originel, entraînant derrière lui l'immense masse des Goyim, originaires des nations païennes, greffés sur l'arbre juif par le sang du Christ. Hélas, comme dans le cas du schisme entre Juda et Ephraïm, ce dernier finira par en venir à persécuter son aîné. La belle unité, réalisée sacramentellement en Jésus (Ep 2, 11 ss), devint vite lettre morte dans les faits, et la coexistence fraternelle de la première génération apostolique (Ac 2, 37-47) ne tarda pas à céder la place à une rivalité, puis à une haine radicale, que cimentera définitivement l'alliance historique entre la Chrétienté (constituée, alors, en majorité, de non-juifs) et l'Empire Romain, sous Constantin, au quatrième siècle.

Cette longue digression (non inutile cependant) nous a éloignés un instant du texte qui y a donné lieu. Nous nous apprêtions, en effet, à réfléchir sur le passage de Mi 7, 1-7 cité ci-dessus. Riches à présent des réminiscences bibliques, évoquées par l'examen du 'terme bikkurah qui nous a amenés à approfondir la notion d'aînesse, vue dans le mystère du Plan de Dieu, nous sommes mieux armés, à présent, pour entrer dans la problématique et la symbolique divines de ce passage de Michée.

Et tout d'abord, il y a lieu de nous interroger sur le pourquoi de cette image : quel est le sens caché du symbolisme de cette ‘figue’ que Dieu convoite tant ? Replaçons les choses dans leur contexte. Ici, pas de doute, c'est la saison des figues. Nous sommes en été (Mi 7, 1). C'est le temps de la moisson et même des vendanges. Rappelons que ces termes sont souvent utilisés pour symboliser la Fin des temps et le Jugement (cf. Mt 13, 30 ss; Ap 14, 15, 18, etc.) De plus, comme en Osée (9, 10 ss), examiné plus haut et comme dans le NT (Lc 13, 16), le thème de la Vigne et celui du Figuier sont mêlés. De fait, ils sont tous deux, avec l'olivier, les symboles végétaux privilégiés du Peuple de Dieu. Pourtant, la comparaison avec Osée nous révèle un clivage, une différence essentielle. En Osée, le Peuple d'Israël a d'abord été trouvé fidèle, à la sortie d'Egypte. Alors, les "Pères" sont comparés à une figue, bikkurah, c'est-à-dire qui donne son fruit "en sa saison", comme explicité plus haut.

Il semble donc que ce que Dieu reproche à son peuple (le figuier), en Mi 7, 1 ss, c'est de ne pas produire des fruits lorsqu'il vient en chercher lui-même, en personne. OR, C'EST PRECISEMENT CE QUE JESUS REPROCHE A SON PEUPLE, PAR LA GESTE DU FIGUIER DESSECHE ! Lorsqu'il s'approche du figuier, qui symbolise Son Peuple, il veut y trouver le fruit qu'il attend, c'est-à-dire l'accueil, dans la foi et l'espérance, du message du Salut en Jésus Christ. Les Juifs auraient dû devenir "ceux qui ont par avance (8) espéré dans le Christ" (Ep 1, 12). Ainsi, ils eussent été capables d'introduire le Royaume de Dieu, DANS LE CONCRET DE L'HISTOIRE DES HOMMES DE LEUR TEMPS et eussent évité la destruction de Jérusalem et la dispersion du peuple juif, comme le prophétise mystérieusement Ezéchiel :

Ez 22, 30-31 : "J'ai cherché parmi eux quelqu’un qui construise une enceinte et qui se tienne debout sur la brèche, devant moi, pour défendre le pays et m’empêcher de le détruire et je n'ai trouvé personne. Alors j'ai déversé sur eux ma fureur; dans le feu de mon emportement, je les ai exterminés. J'ai fait retomber leur conduite sur leur tête, oracle du Seigneur L’ETERNEL".

Au "je n'ai trouvé personne" d’Ezéchiel, correspond l'exclamation désolée: "les fidèles ont disparu du pays, pas un juste parmi les gens" (Mi 7, 2).

Mais il est une concordance plus manifeste encore et qui éclaire le caractère apocatastico-eschatologique de la "Visite" divine que constituait l'avènement du Christ, venu dans la chair pour chercher du fruit à l'arbre juif et qui n'en a pas trouvé, aussi a-t-il REPUDIE ce peuple, jusqu'à ce qu'il lui fasse enfin grâce.

Is 50, 1-2 : "Ainsi parle L’ETERNEL : où est la lettre de divorce de votre mère, par laquelle je l'ai répudiée? Ou encore : auquel de mes créanciers vous ai-je vendus ? (9) Oui, c'est pour vos fautes que vous avez été vendus, c'est pour vos crimes que j'ai répudié votre mère. Pourquoi suis-je venu sans qu'il y ait personne, pourquoi ai-je appelé sans que nul ne réponde?... Serait-ce que ma main est trop courte pour racheter, que je n'ai pas la force de délivrer?"

Nous touchons du doigt, ici, la sévérité de Dieu, son côté inflexible. 

L’Israël, selon la chair’, est l’Aîné. En tant que tel, il partage la responsabilité des rois et des prophètes, pour lesquels le châtiment est d'autant plus grand qu'ils sont plus haut placés, par leur vocation et les grâces reçues (cf. Sg 6, 5-8). Il a donc perdu sa place, au profit de son cadet, Ephraïm, qui est devenu l'Aîné (cf. Gn ch. 48). Nous avons admis qu'Ephraïm = nations chrétiennes. Nous verrons, en son lieu, que le cadet ne s'avérera pas meilleur que l'aîné, en fin de compte. Mais, d'ores et déjà, nous en lisons l'annonce prophétique mystérieuse, dans ce texte du Livre de la Sagesse :

Sg 6,1-9 : "Ecoutez donc, rois (10),et comprenez! Instruisez-vous, juges des confins de la terre! Prêtez l’oreille, vous qui dominez sur la multitude, qui vous enorgueillissez de foules de nations! (11) car, c'est le Seigneur qui vous a donné la domination (12) et le Très-Haut, le pouvoir, c'est lui qui examinera vos oeuvres et scrutera vos desseins. Si donc, étant serviteurs de son royaume (13) vous n'avez pas jugé droitement, ni observé la loi, ni suivi la volonté de Dieu, il fondra sur vous d'une manière terrifiante et rapide. Un jugement inexorable s'exerce, en effet, sur les gens haut placés; aux petits, par pitié, on pardonne, mais les puissants seront examinés puissamment. Car le Maître de tous ne recule devant personne, la grandeur ne lui en impose pas; petits et grands, c'est lui qui les a faits et de tous il prend un soin pareil, mais une enquête sévère attend les forts. C'est donc à vous, souverains, que s’adressent mes paroles, pour que vous appreniez la sagesse et évitiez les fautes."

Voilà donc le jugement qui attend les nations chrétiennes, si elles ne "veillent" pas, leurs "lampes allumées, remplies de l'huile" (cf. Mt 25, lss) du discernement de l'Esprit. Il faudra qu’elles soient trouvées fidèles, au temps de l'épreuve finale, sinon "elles seront retranchées, elles aussi!..." (Rm 11, 22).   

A ce stade, il convient d'aborder l'aspect eschatologique de cette geste du Figuier desséché, dont l'aspect apocatastatique se révèle de plus en plus à nos yeux.

De fait, tant les parallèles que nous avons évoqués au cours des pages précédentes, que d'autres que nous allons examiner à présent, nous révèlent qu'il y aura un accomplissement apocatastatique de cette geste mystérieuse. La déceler et la mettre en lumière, nous permettra de nous préparer aux événements terribles qu'elle recèle et qui se produiront, en leur temps. Il s'agit, une fois de plus, de l'Apostasie.

Une toute petite phrase, déjà évoquée plus haut, nous met sur la piste. "Car ce n’était pas la saison des figues." (Mc 11, 13)

Nous ne dirons pas, comme la majeure partie des biblistes, que c'est un ajout de Marc qui n'a pas compris le sens spirituel de l'épisode, ni n'invoquerons d'autres considérations textuelles ou historiques, pour escamoter le sens prophétique du texte. Pour nous, qui croyons en l'inspiration des Ecritures telles qu'elles nous ont été laissées "en dépôt" par la tradition vivante du judaïsme, pour l'AT et par celle de l'Eglise, pour le NT, nous verrons, dans cette 'variante’, une indication précieuse de l'Esprit Saint. Et c'est la suivante : QUAND JESUS A RENCONTRE LE FIGUIER JUIF, CE N'ETAIT PAS ENCORE LA SAISON, LE TEMPS DE LA MOISSON, LA FIN DES TEMPS".

Par contre, la méditation apocatastatique de cette geste du figuier desséché nous amènera à la découverte des signes du temps de la restauration plénière de ce que recelait cet événement profondément signifiant. Et nous dirons : CE QUI EST ARRIVE A L'ARBRE JUIF, ARRIVERA A L'ARBRE CHRETIEN, si nous imitons leur incrédulité d'alors, lorsque nous serons confrontés à une EPREUVE ANALOGUE A LA LEUR. Pour l'instant, il n'y a pas encore lieu de préciser davantage ce que j'entends par là. Examinons plutôt, à nouveau, la citation de Mi 7, 1ss, déjà évoquée, et continuons d'en commenter les passages mis en exergue. Abordons-les un à un :

- "Les fidèles ont disparu du pays " (7, 2).

Jésus pensait incontestablement à ce passage lorsqu'il soupirait : Lc 18, 8 : "Le Fils de l'Homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?"

"Car le fils insulte le père, la fille se dresse contre sa mère, la belle-fille contre la belle-mère, chacun a pour ennemis les gens de sa maison" (Mi 7, 6).

Jésus a cité presque textuellement ce passage lorsqu'il déclare :

 

Mt 10, 34-35 : "N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Car je suis venu opposer l’homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa famille".

Et la tradition rabbinique, une fois de plus, nous surprend, par sa consonance, tant avec l'AT- ce qui peut sembler normal - qu'avec le NT - ce qui est plus extraordinaire. Nous lisons, en effet, dans le Talmud de Babylone :

Traité Sanhedrin 97, a : "Il a été enseigné : Rabbi Nehoraï dit : lors de la génération où viendra le Fils de David, les jeunes feront "pâlir" les personnes âgées, en leur manquant de respect, et ce seront les personnes âgées qui se lèveront devant les jeunes. LA FILLE SE DRESSERA CONTRE SA MERE, LA BELLE-FILLE CONTRE SA BELLE-MERE, le visage des gens sera comme le visage des chiens, LE FILS N'AURA AUCUNE HONTE EN FACE DE SON PERE." (14)      

A ce stade, nous pouvons retourner à l’AT et citer plusieurs passages qui s'avèrent extrêmement consonants avec le thème de la visite eschatologique de Dieu, avant même l'établissement du Royaume du Christ, sur la terre. Citons, d'abord, les Psaumes 12 et 14 :

Ps 12 : "Sauve ETERNEL! IL N'Y A PLUS D'HOMME FERVENT (15). Les fidèles ont disparu d'entre les fils d'Adam. On ne fait que mentir chacun à son prochain, lèvres trompeuses, langage d'un coeur double. Que L’ETERNEL retranche toute lèvre trompeuse, la langue qui fait de grandes phrases, ceux qui disent : "La langue est notre fort, nos lèvres sont pour nous, qui serait notre maître?" A cause du malheureux qu'on dépouille du pauvre qui gémit maintenant je me lève, déclare L’ETERNEL : j'assurerai le salut à ceux qui en ont soif. Les paroles de L’ETERNEL sont des paroles sincères, argent natif, qui sort de terre, sept fois épuré ; toi, L’ETERNEL, tu y veilleras. Tu le protégeras d'une telle engeance à jamais ; de toutes parts les impies s'en iront, comble d'abjection chez les fils d'Adam."

Ps 14 : "L'insensé (16) a dit en son coeur : "Non, plus de Dieu!". Corrompues, abominables, leurs actions ; PLUS UN SEUL qui fasse le bien. Des cieux, L’ETERNEL se penche vers les fils d'Adam, pour voir S'IL EN EST UN DE SENSE (17), un qui cherche Dieu. Tous ils sont dévoyés, ensemble pervertis. PLUS UN qui fasse le bien, non, PLUS UN SEUL. Ne savent-ils, tous les malfaisants ? Ils mangent mon peuple, voilà le pain qu'ils mangent, ils n'invoquent pas L’ETERNEL. Là, ils seront frappés d'effroi, car Dieu est pour la race du juste:    vous bafouez le projet (18) du pauvre, mais L’ETERNEL est son abri. Qui donnera, de Sion, le salut d'Israël? Lorsque L’ETERNEL ramènera son peuple, allégresse pour Jacob et joie pour Israël."

Comme on l'aura sans doute remarqué, les seules phrases mises en majuscules dans chacun des deux psaumes constituent pour nous le fil d'Ariane qui relie ces textes à celui de Mi 7, 1 ss. En effet, en Mi 7, 2, on nous affirme : "les fidèles ont disparu du pays ", tandis qu'en Ps 12, 2, le psalmiste se plaint : "les fidèles ont disparu" ; et au Ps 14,1 : "plus un seul qui fasse le bien".      

Si nous n'avons pas perdu le fil, nous nous rappellerons que le point commun fondamental que nous avons découvert, entre la geste du Figuier desséché par Jésus et son parallèle prophétique, en Mi 7, 1ss, était : la colère et la déception de Dieu, devant L'ABSENCE DE REACTION DES FIDELES, dans leur ensemble, face à l'explosion du mal.

Que fait alors Dieu ? Dans l'Evangile, comme "ce n'était pas encore la saison des figues" (le temps du jugement, le jour de la visite de L’ETERNEL) mais l'année de grâce annoncée par Isaïe (Lc 4, 18-19; cf. Is 61, 2), Dieu se contente de dessécher le Figuier, c'est-à-dire le peuple juif, en attendant que "les temps soient accomplis, pour le faire "reverdir", comme nous le verrons plus loin. Tout autre sera son attitude, lorsque viendra le Jour du Seigneur, après l'apostasie de l'Intendant infidèle. Alors, il sera sans pitié, parce que nous aurons été suffisamment avertis et instruits, par l'échec et le rejet du peuple juif, dont, d'ailleurs, nous avons largement fait les gorges chaudes et qui ont tant excité "les bavardages et les commérages des gens" (Ez 36, 3). Notre châtiment sera d'autant plus rude, que le sens caché des Ecritures, et surtout, des prophéties, nous aura été dévoilé par l'Esprit et par des "apôtres des derniers temps" (19) que Dieu suscitera alors.

Cette période, ce jour que nous pouvons bien appeler, à la suite d’Is 61, 2, "un jour de vengeance pour notre Dieu", un autre passage d’Isaïe nous le décrit de façon terrifiante, en termes d'eschatologie:

Is 63, 1-6 : "Quel est donc celui-ci qui vient d'Edom, de Boçra, en habits éclatants, magnifiquement drapé dans son manteau, s'avançant dans la plénitude de sa force?

"C'est moi qui parle avec justice, qui suis puissant pour vous sauver". Pourquoi ce rouge à ton manteau, pourquoi es-tu vêtu comme celui qui foule au pressoir ? A la cuve j'ai foulé solitaire, et DES PEUPLES PAS UN N'ETAIT AVEC MOI. Alors je les ai foulés dans ma colère, je les ai piétinés dans ma fureur, leur sang a giclé sur mes habits, et j'ai taché tous mes vêtements. Car j’ai au coeur un jour de vengeance, c'est l’année de mon rachat (20) qui vient. Je regarde : PERSONNE POUR M'AIDER ! Je suis stupéfait : PERSONNE POUR ME PRÊTER MAIN FORTE. Alors mon bras est venu à mon secours, c'est ma fureur qui m'a soutenu. J’ai écrasé les peuples dans ma colère, je les ai brisés dans ma fureur, et j'ai fait ruisseler à terre leur sang".

On aura remarqué que les mots mis en majuscules, corroborent le fil d'Ariane déjà décelé en Mi 7, 1 ss. Là non plus, il n'y aura "personne". Dieu sera seul à accomplir le jugement.

Il en est de même, en Isaïe 59. Cette fois, nous citerons tout le chapitre, tant son contexte est important. Précisons d'emblée, pour ne pas que la longueur du texte nous en fasse oublier l'existence, la persistance du fil d'Ariane de l'absence d'aide, qui revient, au v. 16, et qui a été mise en exergue.

Is 59, 1-21 : "Non, la main de L’ETERNEL n'est pas trop courte pour sauver, ni son oreille trop dure pour entendre. Mais ce sont vos fautes qui ont creusé un abîme entre vous et votre Dieu. Vos péchés ont fait qu'il vous cache sa face et refuse de vous entendre. Car vos mains sont souillées par le sang et vos doigts par le crime, vos lèvres ont proféré le mensonge, votre langue médite le mal. Nul n'accuse à juste titre, nul ne plaide de bonne foi. On se confie au néant, on profère la fausseté, on conçoit la peine, on enfante le mal. Ils ont fait éclore des oeufs de vipère, ils tissent des toiles d'araignée. Qui mange de leurs oeufs en meurt ; écrasés, il en sort un serpent. Leurs toiles ne feront pas un vêtement, ils ne pourront se vêtir de leurs oeuvres ; leurs oeuvres sont des oeuvres mauvaises, les actes de violence sont dans leurs mains. Leurs pieds courent au mal; ils ont hâte de verser le sang innocent. Leurs pensées sont des pensées mauvaises, ravage et destructions sont sur leur chemin. Ils n'ont pas connu la voie de la paix, le droit ne suit pas leurs traces, ils se font des sentiers tortueux, quiconque les suit ignore la paix. Aussi le droit reste loin de nous, la justice ne nous atteint pas. Nous attendions la lumière et voici les ténèbres, la clarté et nous marchons dans l’obscurité. Nous tâtonnons comme des aveugles cherchant un mur, comme privés d'yeux, nous tâtonnons. Nous trébuchons en plein midi comme au crépuscule, parmi les bien portants nous sommes comme des morts. Nous grognons tous comme des ours, comme des colombes nous ne faisons que gémir; nous attendons le jugement et rien! le salut et il demeure loin de nous. Car nombreux sont nos crimes envers toi, nos péchés témoignent contre nous. Oui, nos crimes nous sont présents et nous reconnaissons nos fautes : nous révolter, renier L’ETERNEL, cesser de suivre notre Dieu ; proférer violence et révolte, concevoir et méditer le mensonge.        On repousse le jugement, on tient éloignée la justice, car la vérité a trébuché sur la place publique, et la droiture ne trouve point d'accès. La vérité a disparu; ceux qui s’abstiennent du mal sont dépouillés. L’ETERNEL a vu, il a jugé mauvais qu'il n'y ait plus de jugement. IL A VU QU'IL N'Y AVAIT PERSONNE, il s'est étonné que nul n'intervînt, alors son bras devint son secours, et sa justice son appui. Il a revêtu comme cuirasse, la justice, sur sa tête, le casque du salut, il a revêtu, comme tunique, des habits de vengeance, il s'est drapé de la jalousie comme d'un manteau. Selon les oeuvres il rétribue, fureur pour les adversaires, châtiment pour les ennemis, aux îles il paiera leur salaire. Et l'on craindra, depuis l'Occident, le nom de L’ETERNEL, et depuis le Levant, sa gloire, car il viendra comme un torrent resserré, chassé par le souffle de L’ETERNEL. Alors, un rédempteur viendra à Sion, pour ceux qui se détournent de leur crime en Jacob, oracle de L’ETERNEL. Et moi, voici mon alliance avec eux, dit L’ETERNEL, mon esprit qui est sur toi et mes paroles que j'ai mises dans ta bouche, ne s'éloigneront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta descendance, ni de la bouche de la descendance de ta descendance, dit L’ETERNEL, dès maintenant et à jamais".        

Après cette longue citation, il semble qu'il soit inutile d'insister davantage sur l'adéquation, presque parfaite entre eux, de tous les textes examinés jusqu'ici, à cause de leur concordance eschatologique avec l'épisode mystérieux du dessèchement du Figuier par Jésus, outre leur connotation de jugement apocalyptique, qui ne fait que confirmer la portée eschatologique de tout le thème étudié ici.

Dernière remarque concernant cette partie de l'analyse du Figuier desséché, avant de passer à l'étude des implications apocatastatiques de cette geste. On a mis en gras le verset 21 et dernier du chapitre 59 d'Isaïe. En voici la raison : cette déclaration solennelle de Dieu à Isaïe, apparaît comme le sceau de la prophétie qu'il lui a confiée, la garantie indubitable de sa restauration eschatologique. L'insistance de l'assurance donnée, que ces paroles "ne s'éloigneront pas de la bouche de sa descendance, ni de la bouche de la descendance de sa descendance" ne signifie évidemment pas que la prophétie soit une fonction héréditaire. Dieu ne parle pas des enfants d'Isaïe, selon la chair, mais de sa descendance, selon l'Esprit, c'est-à-dire de ceux qui gardent "le témoignage de Jésus, qui est l'Esprit de prophétie" (Ap 19, 10).   

De même que Jésus a pu déclarer solennellement : "pas un i, pas un point sur l’i ne passera de la Loi, que tout ne s'accomplisse" (Mt 5, 18), Dieu veut nous manifester ici que nous ne devons pas douter que ce qu'annonce Isaïe (comme tous les autres passages prophétiques des Ecritures), recevra un jour son plein accomplissement. C'est donc à la DESCENDANCE DES PROPHETES, de relever le flambeau de la Parole de Dieu et d'être attentive aux signes des temps qui en annoncent la réédition plénière imminente.

 

b. "Et eux (...) ils seront greffés à nouveau" (Rm 11, 23)

 

Nous avons montré comment ce qui est arrivé aux Juifs - à savoir : être frappés de stérilité, comme le symbolise le dessèchement du Figuier - risquait d'arriver à la Chrétienté, aux approches de la Fin des temps, si le "sauvageon d'olivier" venait à "s'enorgueillir" et à oublier que "ce n'est pas lui qui porte la racine, mais la racine qui le porte".

Il nous reste à présent à revenir à cette ‘racine’ et à scruter, une fois de plus, l'Ecriture, pour y trouver les prophéties, encore cachées à nos yeux, de ce REVERDISSEMENT du Figuier juif, au temps connu de Dieu seul.

Nous savons tous que l'hiver est le symbole de la mort. Après la jeunesse radieuse du printemps, où triomphe la vie, la force éclatante de l'été où s'épanouit la maturité, et la sagesse sereine de l'automne où la vie future frappe déjà à la porte, vient l'heure fatidique, tragique et indispensable à la fois, de l'hiver, où la mort glacée fait irruption. En surface, tout se fige. Il semble que tout espoir de vie ait définitivement disparu... Et pourtant, la vie continue, souterraine, indestructible, et l'expérience nous prouve que le printemps revient, où tout ressuscite (cf. Ct 2, 11).

Ce cycle de la nature est le signe voulu par Dieu (21) pour nous faire comprendre son Plan et notre destin. En effet, la sagesse divine a semé, dans l'Ecriture, qui est la parole du Seigneur, des allusions si nettes au reverdissement de l'arbre juif, qu'on peut se demander comment nous ne les avons pas distinguées plus tôt.

Nous allons en examiner quelques-unes, sans pouvoir, là non plus, épuiser le thème qui est multiforme.

Et tout d'abord, il convient de lier la geste du Figuier, desséché par Jésus, à la parabole du Figuier stérile. Les deux textes, en effet, sont, spirituellement et prophétiquement, complémentaires. Relisons-en le contenu avant d'en analyser les passages mis en exergue.            

Lc 13, 6-9 : "Il disait encore la parabole que voici : "Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher des fruits et n'en trouva pas. Il dit alors au vigneron : "Voilà trois ans que je viens chercher des fruits sur ce figuier et je n'en trouve pas. Coupe-le; pourquoi donc use-t-il la terre pour rien?" L'autre lui répondit : "Maître, laisse-le, cette année encore, le temps que je creuse tout autour et que je mette du fumier". PEUT-ÊTRE DONNERA-T-IL DES FRUITS A L'AVENIR.... Sinon, tu le couperas".

Tout d'abord, nous constatons l'union, ici, de deux symboles végétaux du Peuple de Dieu : la vigne et le figuier (v.6). Quant aux TROIS ANS du v. 7, on a voulu y voir les trois années de la prédication du Christ, et c'est exact, au sens premier du texte. Toutefois, la méditation apocatastatique de ce passage nous introduit dans son sens prophétique que nous révèle la prophétie d’Isaïe :

Is 37, 30-32 : "Ceci te servira de signe : on mangera cette année du grain tombé et l'an prochain du grain de jachère, mais, le troisième an, semez et moissonnez, plantez des vignes et mangez de leurs fruits. Le reste survivant de la maison de Juda produira de nouvelles racines en bas et des fruits en haut, car de Jérusalem sortira un reste et des survivants, du Mont Sion.. L'amour jaloux de L’ETERNEL Sabaot fera cela".

C'est, encore une fois, le processus apocatastatique qui vient nous donner la clé. En fait, Isaïe, inspiré de l'Esprit de Dieu, évoque, en lui donnant une portée eschatologique, une institution de la Thorah, celle du jubilé et, plus précisément, de l'Année Sabbatique solennelle qui la clôturait (cf. Lévitique ch. 25), ainsi qu'il est écrit :

Lv 25, 20-22 : "Pour le cas où vous diriez : "Que mangerons-nous en cette septième année si nous n'ensemençons pas et ne récoltons pas nos produits ?" J'ai prescrit à ma bénédiction de vous être acquise la sixième année, en sorte qu'elle assure des produits pour trois ans. Quand vous sèmerez la huitième année, vous pourrez encore manger des produits anciens jusqu'à la neuvième année ; jusqu'à ce que viennent les produits de cette année-là, vous mangerez des anciens".

Nous retrouvons donc les trois années évoquées par Isaïe. Mais ce qui est le plus frappant, dans le passage du prophète cité ci-dessus (Is 37, 31), c'est le caractère eschatologique de la réalisation de cette institution mosaïque, de l'année sabbatique. Ce sera le grand shabbat de la terre d'Israël, avant qu'elle ne porte ses fruits définitifs pour le "RESTE SURVIVANT DE LA MAISON DE JUDA" (v. 31). Or, nous avons vu, à maintes reprises, que Juda = peuple juif. Il s'agira, bien entendu, du RESTE, c'est-à-dire du petit nombre qui aura été épuré et jugé digne du Royaume. Plus étonnant encore, Is 37, 31 nous dit que ce RESTE produira "de nouvelles racines.... et des fruits", ce qui est précisément la REVIVIFICATION, LE REVERDISSEMENT DE L'ARBRE JUIF DESSECHE, sur lequel nous allons nous attarder maintenant.

Revenant à la parabole du Figuier stérile, citée plus haut, nous constatons que le vigneron s'oppose à ce que le figuier soit coupé. Avant de nous attarder à sa proposition, remarquons que c'est le vigneron qui s'oppose à l'arrachage du figuier. Or, en Jn 15, 1, c'est Jésus qui est la vigne et Son Père qui est le vigneron. C'est donc Dieu lui-même qui refuse que son Peuple soit retranché. Et quel est le délai proposé par le vigneron miséricordieux ? Une année. "Cette année encore" (Lc 13, 8). N'est-ce pas une allusion à cette "année de grâce" que Jésus est venu proclamer (Lc 4, 18-19) en accomplissant en Sa personne la prophétie d’Is 61, 1-2 ?

Et quel est le traitement infligé à ce figuier épargné ? Le fumier. Nous savons tous que le fumier était, jusqu'à ces dernières décades (et est encore en beaucoup de régions arriérées), de la paille ayant servi de litière aux animaux. De ce fait, elle était imbibée de leurs déjections et se décomposait, par la fermentation. C'est donc un engrais de POURRITURE ET DE DECOMPOSITION.

Le terme grec pour fumier est kopria, qui traduit l'hébreu ashpot. Or, voici un éclat de lumière de l'Esprit-Saint, Lequel a inspiré jusqu'au choix des termes, aux rédacteurs de l'Ecriture, Lui qui a chargé les mots eux-mêmes, d'un sens prophétique qui ne se révèle - en son temps - qu'aux "petits" et aux "humbles"!... De fait, nous lisons :

Ps 113, 7-9 : "De la poussière, il relève le faible, du FUMIER il retire le pauvre, pour l’asseoir au rang des princes, au rang des princes de son peuple, Il assied la stérile en sa Maison, mère en ses fils, heureuse!"

Pour quiconque a le sens des choses de Dieu et de l'interprétation des Ecritures, c'est une révélation. Le "Pauvre", c'est le peuple juif, lorsqu'il est persécuté pour le nom de Dieu. Quant à LA STERILE, il est transparent qu'il s'agit de Jérusalem, en tant que mère du Peuple de Dieu eschatologique, ainsi que le prophétise Isaïe :

Is 49, 13-23 : "Cieux, criez de joie, terre exulte, que les montagnes poussent des cris, car L’ETERNEL a consolé son peuple, il rend en pitié ses affligés. Sion avait dit : "L’ETERNEL m'a abandonnée; le Seigneur m'a oubliée". Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ?    Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t'oublierais pas. Vois, je t'ai gravée sur les paumes de mes mains, tes remparts sont devant moi sans cesse. Tes bâtisseurs se hâtent, ceux qui te détruisent et te ravagent vont s'en aller. Lève les yeux alentour et regarde : tous sont rassemblés, ils viennent à toi. Par ma vie, oracle de L’ETERNEL, ils sont tous comme une parure dont tu te couvriras, comme fait une fiancée, tu te les attacheras. Car tes ruines, tes décombres, ton pays désolé sont désormais trop étroits pour tes habitants, et ceux qui te dévoraient s’éloigneront. Ils diront de nouveau à tes oreilles, les fils dont tu étais privée : "l’endroit est trop étroit pour moi, fais-moi une place pour que je m'installe". Et tu diras dans ton coeur : "Qui m'a enfanté ceux-ci ? J'étais privée d'enfants et stérile, exilée et rejetée, et ceux-ci qui les a élevés ? Pendant que moi, j'étais laissée seule, ceux-ci, où étaient-ils ? Ainsi parle le Seigneur L’ETERNEL, voici que je lève la main vers les nations, que je dresse un signal pour les peuples : ils t'amèneront tes fils dans leurs bras, et tes filles seront portées sur l'épaule. Des rois seront tes pères adoptifs, et leurs princesses, tes nourrices. Face contre terre, ils se prosterneront devant toi, ils lécheront la poussière de tes pieds. Et tu sauras que je suis L’ETERNEL, ceux qui espèrent en moi ne seront pas déçus".

Is 54, 1-10 : "Crie de joie, stérile, toi qui n'as pas enfanté, pousse des cris de joie, des clameurs, toi qui n'as pas mis au monde, car plus nombreux sont les fils de la délaissée que les fils de l'épouse, dit L’ETERNEL. Elargis l'espace de ta tente, déploie sans lésiner les toiles qui t'abritent, allonge tes cordages, renforce tes piquets, car, à droite et à gauche, tu vas éclater, ta race va déposséder des nations et repeupler les villes abandonnées. N'aie pas peur, tu n'éprouveras plus de honte, ne sois pas confondue, tu n'auras plus à rougir ; car tu vas oublier la honte de ta jeunesse, tu ne te souviendras plus de l'infamie de ton veuvage. Ton créateur est ton époux, L’ETERNEL Sabaot est son nom, le Saint d'Israël est ton rédempteur, on l'appelle le Dieu de toute la terre. Oui, comme une femme délaissée et accablée, L’ETERNEL t'a appelée, comme la femme de sa jeunesse qui aurait été répudiée, dit ton Dieu. Un court instant, je t'avais délaissée, ému d'une immense pitié, je vais t'unir à moi. Débordant de fureur, un instant, je t'avais caché ma face. Dans un amour éternel, j'ai eu pitié de toi, dit L’ETERNEL, ton rédempteur. Ce sera pour moi comme au temps de Noé, quand j’ai juré que les eaux de Noé ne se répandraient plus sur la terre. Je jure de même de ne plus m'irriter contre toi, de ne plus te menacer.  Car les montagnes peuvent s’écarter et les collines chanceler, mon amour ne s'écartera pas de toi, mon alliance de paix ne chancellera pas, dit L’ETERNEL qui te console."

Pour en revenir à la parabole du Figuier stérile (Lc 13, 6-9), arrêtons-nous sur les derniers mots mis en majuscules par mes soins, dans ce texte : "Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir?" (v. 9) Le "peut-être" ne doit pas nous faire illusion; le prophète Isaïe a déjà prophétisé l'accomplissement de cette fructification d'Israël, DANS L'AVENIR :

Is 27, 6-9 : "A l'AVENIR, Jacob fera des racines, Israël bourgeonnera et fructifiera, la face du monde sera remplie de récolte. L'a-t-il frappé comme avaient frappé ceux qui le frappaient ? A-t-il tué comme avaient tué ceux qui l'avaient tué ?... En la chassant, en la répudiant, tu l'as mise en jugement. Il a soufflé sur elle de son souffle violent, au jour du vent d'est. Ainsi, c'est en cela que sera expiée la faute de Jacob..."

Nous voyons donc que la Répudiée, l'Excluse, est rétablie. Mieux, Paul a cité la dernière phrase du passage cité ici, conjugué à un extrait d’Is 59, 20-21 :

Rm 11, 25-27 : Car je ne veux pas, frères, vous laisser ignorer ce mystère, de peur que vous ne vous complaisiez en votre sagesse : un endurcissement est advenu, à une partie d’Israël (22) jusqu'à ce qu'advienne la plénitude des Païens (23) ; et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : "De Sion viendra le Libérateur, il ôtera les impiétés du milieu de Jacob. Et voici quelle sera mon alliance avec eux : c'est que j'enlèverai leurs péchés".

C'est donc Dieu lui-même qui purifiera et justifiera son peuple juif, parallèlement au Peuple Chrétien ("Jacob et Israël" d’Is, 27, 6, c'est-à-dire "tout Israël" de Rm 11, 26).

Avant de clore ce chapitre, il ne sera pas inutile d'examiner un thème, consonant avec celui de la fructification eschatologique du peuple juif, à savoir, le thème du REVERDISSEMENT DE L'ARBRE SEC.

Nous partirons, une fois de plus, du NT, et, précisément, de la lamentation des "filles de Jérusalem", sur Jésus qu'on emmène pour être crucifié. Voici la réponse que leur fait ce dernier :         

Lc 23, 28-31 : "Mais, se retournant vers elles, Jésus dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants! Car voici des jours où l'on dira : heureuses les femmes stériles, les entrailles qui n'ont pas enfanté, et les seins qui n'ont pas nourri. Alors, on se mettra à dire aux montagnes : tombez sur nous ! et aux collines : couvrez-nous! car si l'on traite ainsi le BOIS VERT, qu'adviendra-t-il du BOIS SEC ?"

Ce texte évoque Osée 9, 14 et 10, 8, sur lesquels nous reviendrons dans un instant. Mais auparavant, il nous faut faire justice d'une interprétation qui est, non seulement fausse, mais outrageante pour le peuple juif. Je l'emprunte à un commentaire malheureux de la Bible de Jérusalem, sur Lc 23, 31, que je cite ici textuellement :

"Si on brûle le bois vert qui ne devrait pas être brûlé (allusion au supplice de Jésus), que ne fera-t-on pas du bois sec (les vrais coupables)?"

Outre la théologie désolante de cette exégèse, relevons les erreurs objectives. L'auteur utilise le terme BRÛLER. Pour quelle raison? Qui parle de brûler dans ce texte?... Pour l'auteur de cette remarque, la comparaison du bois vert "qui ne devrait pas être brûlé", est une "allusion au supplice de Jésus". Certes, mais Jésus n’a pas été brûlé !... Mais il y a plus grave. L'allusion est transparente. L'auteur pense, bien entendu, à la prise de Jérusalem, en 70, et les "vrais coupables" sont, évidemment, les Juifs. Que n’a-t-il compris la portée apocatastatique et eschatologique de ce texte ! Nous allons y revenir bientôt... Enfin, il a confondu bois sec et bois mort. Le bois vert, c'est Jésus, prémices de son peuple. Le bois sec, c'est l'arbre devenu vieux. En fait, dans le parallèle le plus précis que nous ayons de ce passage (et qu'évoque, d'ailleurs la Bible de Jérusalem, en Ez 21, 3), Dieu allume un feu qui "consumera tout, arbre vert et arbre sec !". Il n'est donc pas question, ici, du fait que l'arbre sec brûle mieux ou plus naturellement que le vert. Il est question de réédition apocatastico-eschatologique d'une situation préfigurée et accomplie, EN GERME, dans la personne de Jésus. De fait, la ruine de Jérusalem, en 70, a paru accomplir cette prophétie. En réalité, ce n'est qu'à la Fin des temps, qu'elle s'accomplira en plénitude, comme nous allons le voir, à présent, en vérifiant le contexte des prophéties d'Osée, évoquées par cette apostrophe de Jésus :

Os 9, 10-17 : Comme des raisins dans le désert, je trouvai Israël, comme des primeurs sur un figuier, en la prime saison, je vis vos pères ; mais, arrivés à Baal-Péor, ils se vouèrent à la Honte et devinrent des horreurs, comme l'objet de leur amour : Ephraïm, comme l'oiseau s'envolera sa gloire : plus d'enfantement, plus de grossesse, plus de conception. Même s'ils élèvent leurs fils, je les en priverai avant qu'ils soient hommes ; oui, malheur à eux quand je m'éloignerai d'eux ! Ephraïm, je le voyais comme Tyr, plantée dans une prairie, mais Ephraïm devra mener ses fils à l'égorgeur. Donne-leur, ETERNEL... Que donneras-tu? Donne-leur des entrailles stériles et des seins desséchés. Toute leur méchanceté a paru à Gilgal, c'est là que je les ai pris en haine. A cause de la méchanceté dé leurs actions, je les chasserai de ma maison, je ne les aimerai plus, tous leurs chefs sont des rebelles. Ephraïm est frappé, leur racine est desséchée, ils ne donneront pas de fruit. Même s'il leur naît des enfants, je ferai mourir les délices de leur sein. Mon Dieu les rejettera parce qu'ils ne l'ont pas écouté, et ils seront errants parmi les nations."

Os 10, 1-8 : "Israël était une vigne luxuriante qui donnait bien son fruit. Plus son fruit se multipliait, plus il a multiplié les autels. [...]. Leur coeur est double, maintenant ils vont expier ; lui-même renversera les autels, il dévastera leurs stèles (...) On tient des discours, on jure en vain, on conclut des alliances; et le droit prospère comme une plante vénéneuse sur le sillon des champs [....] Ephraïm recueillera la honte et Israël rougira de son dessein. C'en est fait de Samarie! Son roi est comme un fétu à la surface de l'eau. Ils seront détruits les hauts-lieux d'Aven, ce péché d'Israël; épines et chardons grimperont sur leurs autels. Ils diront alors aux montagnes : couvrez-nous! et aux collines : tombez sur nous!".

Les deux textes concernent le même événement. Il s'agit de la ruine du Royaume d'Ephraïm, les dix tribus de l'Israël du Nord. Nous avons retrouvé, au passage, les thèmes de la VIGNE et des PRIMEURS, étudiés ailleurs. Ils s'appliquent, cette fois, à Ephraïm qui préfigure la Chrétienté, ainsi que nous l'avons démontré à plusieurs reprises. Dans notre perspective apocatastatique, c'est donc qu'à cet événement daté, qu'annonçaient les prophéties d'Osée, correspond un accomplissement plérômatique, aux temps eschatologiques. C'est pourquoi il n'est pas indifférent que le Christ, qu'on emmenait au supplice, se soit servi de deux des passages de ces chapitres d'Osée, pour prophétiser la catastrophe eschatologique qui atteindra l’Ephraïm nouveau que constitue la Chrétienté : le souhait de stérilité des femmes (Os 9, 14) et l'appel désespéré des hommes aux montagnes et aux collines, à tomber sur eux (Os 10, 8), sont repris par Jésus, dans son discours eschatologique (Lc 23, 29-30) ; Os 10, 8 étant cité par l'Apocalypse elle-même, lorsqu'elle décrit les cataclysmes du temps de la Fin (Ap 6, 16).

Et, si la ruine de Jérusalem a réalisé ces choses EN GERME, maintes prophéties de l'Ecriture ne laissent aucun doute sur une réédition ‘plérômatique', aux dimensions de l'Humanité tout entière, à l'approche des "douleurs de l'enfantement" des temps messianiques.

Quant à l'arbre 'sec' de Juda, au jour connu de Dieu seul, il reverdira - et même refleurira - ainsi que le prophétisent mystérieusement les textes suivants :

Ez 17, 22ss : "Et moi, je prendrai, à la cime du Grand Cèdre, au plus haut de ses branches, je cueillerai un rameau ; et je le planterai moi-même sur une montagne élevée (Jérusalem). Sur la haute montagne d'Israël je le planterai.. il poussera des branches et produira des fruits et deviendra un cèdre magnifique (cf. le Grain de Sénevé de l'Evangile Mt 13, 32) [...] Et tous les arbres des champs sauront que c'est moi, L’ETERNEL, qui humilie l'arbre élevé et qui élève l'arbre humilié, qui fais sécher l'arbre vert (23) et fais fructifier l'arbre sec. Moi, L’ETERNEL, j'ai dit, je fais".

Ps 92, 13 : "Le Juste poussera comme un palmier, il grandira comme le cèdre du Liban. Plantés dans la maison de L’ETERNEL, ils pousseront dans les parvis de notre Dieu. Dans la vieillesse encore, ils portent fruits ils restent frais et florissants! (...)"

Is 37, 31 : "Le reste survivant de la Maison de Juda produira de nouvelles racines en bas et des fruits en haut, car de Jérusalem sortira un reste, et des rescapés, du mont Sion, l'amour jaloux de L’ETERNEL fera cela." (24)

Ez 37, 11 : "Alors il me dit : "Fils d'Homme, ces ossements, c'est toute la maison d'Israël". Les voilà qui disent : Nos os sont desséchés! notre espérance est détruite. C'en est fait de nous [...] Voici que j'ouvre vos tombeaux, mon peuple, et je vous reconduirai sur le sol d’Israël." (25)

Ps 52, 10 : "Et moi, comme un olivier vert dans la maison de Dieu." (26)

Is 27, 6 : "Dans les jours à venir, Jacob poussera des rejetons, Israël refleurira et fructifiera et remplira de fruits la face du monde." (27)      

On pourrait multiplier les passages consonants, mais, pour faire bref, on se contentera d'une dernière citation, néotestamentaire cette fois. Il s'agit d'une relecture stupéfiante de Mt 26, 32 ss. :          

"Du figuier, apprenez la parabole (28) : dès que sa ramure devient flexible et que ses feuilles poussent, vous vous rendez compte que l’été approche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez tout cela, rendez-vous compte qu'il est proche, aux portes!"              

Comme le mystère se dévoile soudain, dans l'illumination de l'Esprit Saint ! Ce même FIGUIER symbolisant le peuple juif, que le Seigneur - nous l'avons vu plus haut - avait desséché pour le punir de n'y avoir pas trouvé les fruits précoces qu'il venait chercher, lors de sa visite cachée, ce FIGUIER, voici qu'il nous l'affirme prophétiquement, il va REVERDIR, ce qui implique qu'il sera REPLANTE!... 

On peut l'affirmer, une fois de plus, "espérant avoir en cela l'Esprit de Dieu" (comme disait Paul) : Dieu a rétabli son peuple, qui a déjà été replanté sur sa terre, dans son sol d'antan !..."

Pour l'instant, ce n'est encore qu'un "surgeon en terre aride", sa ramure n'est pas encore flexible et ce n'est pas encore le temps des bourgeons; l'été, le temps de la moisson de la terre, n'est pas encore aux portes ; mais "le temps se fait court", car le Seigneur a déjà inauguré l'époque de "l'apocatastase * de tout ce que Dieu avait dit, par la bouche de ses saints prophètes de jadis" (Ac 3, 21).  

Le premier acte de l'apocatastase * fut l'humble naissance d'un Foyer Juif, en Palestine, qui valut au Peuple-Oint, son Hérode hitlérien et ses six millions de Saints Innocents. Mais le "rejeton de David" est revenu d'Egypte, il croît en sagesse et en âge devant Dieu et devant les hommes, d'une vie divine cachée, sous des apparences humaines ordinaires, en attendant qu'Elie revienne et que se révèlent les temps messianiques, pour ce Peuple et pour l'Eglise tout entière.

Qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende!...

 

© Rivtsion.org

 

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Notes

(1) En hébreu, bikkurah, c'est-à-dire : premier fruit, primeurs. C'est le même terme qui est utilisé, au pluriel (bikkurim) pour l'offrande des premiers-nés. Il est synonyme de PREMICES (reshit), comme l'indique d'ailleurs l'expression qui suit (bereshitah) : ‘au temps de ses prémices'. En rigueur de terme, bikkurah ne désigne pas obligatoirement la figue. Mais la forme féminine est considérée par la tradition juive comme spécifiant les primeurs du figuier (te'enah), lequel est de genre féminin. C'est ainsi que Rashi commente : "une figue excellente qui mûrit en son temps".

(2) Je reprends cette explication, ainsi que ce qui précède, d'un dictionnaire biblique en hébreu, dont voici les références pour ceux qui peuvent s'y reporter : Milon haTanakh (mishpat ha’urim) de Yehoshua Steinberg, édit. Yizréel, Tel Aviv 1971, p. 105.

(3) Rappelons-nous que la Résurrection du Christ a eu lieu, elle aussi, "de bon matin", "lorsque le premier jour de la semaine commençait à poindre (Mt 28, 1).

(4) Malgré les apparences, c'est la même racine BKR, le H n'est ajouté que pour la prononciation. En effet, le K n'est pas dur mais guttural, il se prononce à peu près comme le ch allemand, c'est pourquoi il est translittéré en KH.

(5) Les Institutions de l'Ancien Testament, op. cit., T. I, pp. 72-73.

(6) Pour mieux comprendre ce mystère, car c'en est un (en effet, du vivant de Joseph, son père, qui n'est lui-même que le onzième fils de Jacob, Ephraïm reçoit le droit d'aînesse SUR LES DOUZE TRIBUS).

(7) Traduit d'après les versions ; le texte massorétique lit : "et même pour David je suis plus que toi".

(8) Ce verbe intraduisible signifie mot à mot, 'pré-espérer'. Il connote un état de Foi exceptionnel qui met l'homme dans une attitude d'acceptation inconditionnelle d'un mystère, sans chercher à savoir ce qu'il lui en coûtera d'y adhérer et sans s'enquérir anxieusement de preuves et de rétribution. C'est une attitude de PREMICES!

(9) Je reproduis ici l’utile note de la Bible de Jérusalem, concernant ce passage : "Les deux questions appellent une réponse négative : on ne peut pas faire la preuve juridique que Dieu a répudié Israël, cf. Dt 24, 1-4 et les images d'Os 2, 4-9, et qu'il a vendu ses enfants, Ex 21, 7. Dieu reste fidèle. Les responsables sont les Israélites eux-mêmes, cf. la fin du verset. C'est un usage particulier du thème de l'épouse infidèle, Os 2, 4-9 ; Jr 3, 1 ; Ex 16."

(10) Ce sont les rois de la terre qui, au Ps 22 "s'insurgent et conspirent contre L’ETERNEL".

(11) Est-ce un hasard si, à propos d'Ephraïm – selon moi, type de la Chrétienté -, Jacob annonce : "et sa descendance sera une multitude de nations" (Gn 48,19) ?

(12) Toute domination est donnée par Dieu. Satan l'atteste lui-même, lorsqu'il dit à Jésus : "Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car elle m'a été livrée et je la donne à qui je veux" (Mt 4, 6).

(13) Les rois sont donc, à l'origine, comme Satan lui-même, investis par Dieu même de leur domination, et ils auront à lui rendre compte à Dieu de leur conduite et de leurs exactions éventuelles. Il se peut aussi qu'on puisse voir dans ce texte une annonce voilée de l'apostasie des chefs des nations chrétiennes.

(14) Et qu'on n'aille pas prétendre que ce passage est une citation libre de Michée. Tel n'est pas l'usage des rabbins. Lorsqu'ils citent une Ecriture, c'est avec une exactitude pointilleuse. En outre, il y a de grosses différences avec le texte de Michée. Toutefois, une réminiscence implicite est possible. Mais il semble plutôt que ce passage soit influencé par des pseudépigraphes juifs, tel surtout ce qu'on a appelé : la Sibylle juive.

(15) Hasid : mot à mot, "celui qui fait l'objet de la faveur divine."

(16) Nabal : le terme est plus violent. Il signifie quelque chose comme : LA BRUTE. C'était le nom du mari d'Abigaïl, laquelle prit fait et cause pour David, malgré la haine de son mari (1 S 25, 3 ss.). Au verset 25, est expliqué le sens de son nom.

(17) Maskil : le terme désigne celui qui a la connaissance et sait la communiquer aux autres.

(18) Et non comme traduit la Bible de Jérusalem : la "révolte" du pauvre. Le terme hébraïque ‘etsah veut dire 'conseil', ‘assemblée’, 'détermination', mais jamais 'révolte', sauf par adjonction de mots connotant cette notion.

(19) L'expression, souvent utilisée à notre époque et que certains placent même dans la bouche de Marie, dans ses dernières apparitions (mais ceci reste à vérifier), doit être restituée à son auteur ; le bienheureux Louis-Marie Grignon de Montfort, qui l'utilise, à maintes reprises, pour qualifier les prêtres et, peut-être même, les simples Chrétiens qui, au temps de la Fin, lorsque l'iniquité et l'impiété se déchaîneront sur la terre, ne craindront pas de prêcher, "à temps et à contretemps", et sauveront l'Eglise, Curieusement , le Bienheureux a trouvé un équivalent périphrastique assez réussi, au terme maskil, qu'il ne semble pas connaître, et qu'a utilisé Daniel pour désigner "ceux qui enseignent la multitude" (Dn 11, 33) et encore - "ceux qui rendent justes", les "matsidiqim" , c'est-à-dire ceux qui amènent les autres à la perfection (tsdaqah). La racine SDQ connotant la JUSTICE, au sens plénier, c'est-à-dire, idéalement, celle de Dieu, à savoir: la perfection, conformément à l'injonction de Dieu à Abraham (Gn 17, 1) : "marche en ma présence et sois sans reproche", et au commandement d'Ex 11, 45 : "Vous serez saints parce que, moi, je suis saint".

(20) Mot à mot : "de mon goëlat. Rappelons que le goël est un parent, un membre du clan. En tant que tel, il doit aider ses proches, soit en les vengeant, s'ils ont subi un grave préjudice, soit en rachetant les biens meubles ou fonciers qu'ils seraient dans l'obligation de vendre pour subsister dans leur misère, (cf. Ruth). L'Ecriture appelle Dieu, le Goël, le Rédempteur d'Israël, car c'est lui qui rachète son peuple et sa terre.

(21) De même, le cycle du jour et de la nuit (cf. Ps 74, 16-17). Le matin est l'équivalent de la jeunesse; le midi, celui de l'âge d'homme; le soir symbolise la vieillesse, et la nuit, le royaume du sommeil, de la mort. L'aube ou l'aurore est l'heure de la résurrection. Le chant du coq symbolise l'annonce solennelle de la fin du royaume des ténèbres, la dernière trompette qui introduit la Parousie (1 Co 15, 52).

(22) On peut aussi traduire : "un endurcissement partiel est advenu à Israël".

(23) Passage souvent traduit incorrectement: "jusqu'à ce que soit entrée la totalité des Païens" Le verbe utilisé se traduit par, ou bien 'entrer', ou bien ‘advenir'. Le contexte suggère un 'avènement' et non une ‘entrée’. La plénitude est le ‘plérôme'. Le texte ne dit pas que les nations 'entrent’ dans le 'Plérôme’, mais que le ‘Plérôme’ advient, c'est-à-dire que les nations ont atteint toutes leurs virtualités, porté tous leurs fruits. Selon moi, il s’agit de la Fin des temps (qui n’est pas la fin du monde !).

(24) Cf. aussi Is 6, 8-13 ; 11,10 ss; 14, 1 ss ; Is 37, 30 ; Ez ch. 36 et 37.

(25) Notons que ce passage est suivi de la prophétie de la réunion de Juda et d'Israël : v. 15 ss. 

(26) Cf. Rm 11, 17 ; Ps 92, 15.

(27) A l'opposé, voir le sort du "Peuple sans intelligence" (ibid. au v 11 cf. Dt 32, 21 et Rm 10, 19), et le sort inverse du "méchant" (Jb 15, 30-32; 8, 12-18 ; Ps 37, 35).

(28) On peut aussi traduire : "Apprenez par l'exemple du figuier".



22-10-2005 | Commentaires (0) | Public
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