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<< L'expression 'Le siècle à venir'  

Fin des temps et fin du temps des nations
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L'examen attentif des différentes expressions du "temps de la Fin", effectué dans les chapitres précédents, devrait avoir convaincu qu'il ne faut pas confondre "fin des temps" et "fin du monde". Cette dernière ne nous concernant pas immédiatement, puisqu'elle aura lieu bien longtemps après le Règne messianique sur la terre, nous n'en traiterons pas ici. Il semble d'ailleurs qu'à l'exception d'Ap 20, 7ss, ni l'Ancien Testament, ni le Nouveau, n'enseignent quoi que ce soit sur la fin du Monde. Il en va tout autrement de la "fin des temps", ou "du temps", expression qui connote l'intrusion d'une nouvelle ère dans l'histoire de l'Humanité, celle du Royaume de Dieu sur la terre, dont son Messie sera l"artisan et le garant. 

Mais, avant de passer aux signes et aux modalités de cette "fin des temps", qui sera étudiée en son lieu, il convient de tenter de résoudre un dernier problème sémantique. Parmi les diverses expressions de la Fin, déjà examinées, il en est une qui ne laisse pas d'intriguer : la "fin du temps des nations". Son élucidation apparaît comme d'autant plus urgente, que, depuis quelques décennies des voix s’élèvent, de plus en plus fréquemment, pour affirmer - avec la plus grande bonne foi, semble-t-il - que la "Fin du temps des Nations" est arrivée. Il se basent généralement sur le seul texte néo-testamentaire où ils croient lire cette expression (Lc 21, 24), alors que le texte parle de "l'accomplissement des temps des nations" (voir plus bas le texte cité). A titre indicatif, voici un échantillon très représentatif de ce genre d'interprétation actualisante. A notre connaissance, cette doctrine a été diffusée, dans les années 60, par un prêtre canadien, au demeurant fort respectable et fervent, fort apprécié des milieux du Renouveau charismatique, le Révérend Père Regimbal, de l'ordre des Trinitaires. Au terme d'une conférence intitulée "La Fin des temps - La Fin du Monde" (365), il déclarait :

"Mais Jésus avait aussi annoncé que la ville de Jérusalem serait détruite et que, du Temple, il ne resterait plus pierre sur pierre. Et c'est dans ce contexte que Jésus annonce un fait qui a longtemps échappé à la pensée de l'homme, jusqu'à ce que les faits historiques le vérifient. Allons voir, dans St. Luc, ch. 21, à partir du v. 23 : "Il y aura, en effet, grande détresse dans le pays et colère contre ce peuple (il s'agit du peuple d'Israël). Ils seront passés au fil de l'épée, emmenés captifs dans toutes les nations et Jérusalem demeurera foulée aux pieds par les Païens, jusqu'à ce que soient révolus les temps des Païens". Ce texte était incompréhensible, en fait, tant que les événements de juin 1967 ne viennent les remettre à nos yeux. Nous n'avions pas compris, parce que les événements ne s'étaient pas encore déroulés. Mais, à la lumière de la Guerre des Six Jours, nous voyons clairement que la Terre Sainte, et notamment Jérusalem, ont toujours été foulées aux pieds par les Païens. Depuis Sennacherib, en 701 avec J.C., jusqu'au 6 juin 1967, jamais les Juifs n'avaient été rois et maîtres dans leur pays d'Israël et jamais Jérusalem n'avait été complètement sous la domination des autorités Israélites. C'est pourquoi, ce temps des Nations est une époque, une étape, extrêmement importante dans l'histoire de la Parousie, parce qu'elle ouvre immédiatement ce que la Sainte Ecriture appelle les temps qui sont des derniers... De Jésus au temps des Nations, c'est la cinquième phase et, du temps des Nations jusqu'à la Parousie, la sixième et dernière phase de miséricorde. Cependant, après le retour de Jésus sur la terre des hommes, il régnera à Jérusalem et cette phase se terminera, à la fin du septième jour, la fin de la septième période, par l'eschatologie : la destruction finale."

L’exégèse du R.P. Regimbal est à peu près la suivante : Jérusalem a été détruite en 70 par Titus et les Juifs ont été emmenés en captivité dans toutes les nations. Cette captivité, ou dispersion, durait encore jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, mais a commencé de prendre fin, lors de la création de l'Etat d'Israël, en 1947. En 1967, a eu lieu l'événement capital et 'prophétique' : les Israéliens ont repris la ville et l'ont "réunifiée". Un mystère vient de s’accomplir, sous nos yeux, et nous ne l'avons pas compris : les "temps des nations" sont terminés, celui du Royaume messianique et de la Parousie est imminent. Donc, les Juifs vont bientôt se convertir, puisque la fin ne peut avoir lieu sans cette heureuse étape !...

On dira peut-être que, cette conclusion, le Père Regimbal ne l'a pas énoncée dans le passage cité. Mais en d'autres écrits, en d'autres cénacles, cela s'écrit, cela se dit, de nos jours, comme si cette doctrine faisait partie du patrimoine prophétique des Ecritures et de la Tradition de l’Eglise, et avec d’autant plus de conviction et d’assurance que les Pasteurs et docteurs de cette Eglise se taisent et n’éclairent pas leur troupeau pour lui éviter d’être "ballottés et emportés à tout vent de la doctrine" (Ep 4, 14).

Tout cela procède d'une ignorance profonde des Ecritures, d'une grande naïveté historique, et d'une certaine présomption de connaître par avance, le dessein de Dieu.

En effet, si le Temple a bien été détruit en 70, la ville de Jérusalem et l'ensemble de la terre d'Israël ont continués d'être habités ensuite, durant plus de soixante années. C'est une grossière erreur historique de croire que tous les Juifs ont été déportés en 70. La Terre d’Israël a continué à être peuplée jusqu'en 135. Les Juifs en étaient si peu "absents", qu'ils ont fomenté une immense révolte, dont le faux Messie Bar Kochbah prit la tête, et qui se termina, en 135, par la ruine totale de Jérusalem et un dépeuplement juif considérable.

On dira que Jésus a tout simplement "télescopé" les deux événements successifs, dans une même perspective. Admettons. Que fera-t-on alors des "signes dans le soleil, la lune et les étoiles", des "puissances des cieux ébranlées" et de la "venue du Fils de l'Homme dans une nuée", tous événements concomitants, ou, à tout le moins, consécutifs de la prise de Jérusalem, si l’on en croit le passage-clé annonçant cette "fin des temps des nations", et qu’il ne sera pas inutile de citer in extenso.

Lc 21, 5-36 : "Comme certains disaient du Temple qu'il était orné de belles pierres et d'offrandes votives, il dit: De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit jetée bas. Ils l'interrogèrent alors en disant: Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d'arriver? Il dit: Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront: C'est moi ! Et : Le temps est tout proche. N'allez pas à leur suite. Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d'abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin. Alors il leur disait: On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes. Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom, et cela aboutira pour vous au témoignage. Mettez-vous donc bien dans l'esprit que vous n'avez pas à préparer d'avance votre défense: car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire. Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis; on fera mourir plusieurs d'entre vous, et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra. C'est par votre constance que vous sauverez vos âmes ! Mais lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, alors comprenez que sa dévastation est toute proche. Alors, que ceux qui seront en Judée s'enfuient dans les montagnes, que ceux qui seront à l'intérieur de la ville s'en éloignent, et que ceux qui seront dans les campagnes n'y entrent pas ; car ce seront des jours de vengeance, où devra s'accomplir tout ce qui a été écrit. Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! "Car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des nations (cf. Ap 11, 2) jusqu'à ce que soient accomplis les temps des nations (kairoi ethnôn, cf. Ez 30, 3). Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l'angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots; des hommes défailliront de frayeur, dans l'attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées. Et alors on verra le Fils de l'homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire. Quand cela commencera d'arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche. Et il leur dit une parabole: Voyez le figuier et les autres arbres. Dès qu'ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l'été est proche. Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche. En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos coeurs ne s'appesantissent dans la débauche, l'ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous comme un filet; car il s'abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin d'avoir la force d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l'homme."

La réponse des exégètes à la difficulté évoquée plus haut est la suivante : dans la ruine, qu'il sait prochaine, de Jérusalem (40 ans environ après sa mort), Jésus entrevoit la fin du monde (367). Si c'est bien le cas, il faut être rigoureux dans la typologie : c'est donc qu'une troisième ruine de Jérusalem est à venir, comme l'indiquent clairement, d'ailleurs, Za 14 et Ap 11. D'ailleurs, un passage du Livre de Tobie (14, 4-5), si on l'examine attentivement, fait voir clairement qu'il y aura une troisième reconstruction de Jérusalem.

Mais l'erreur la plus manifeste concerne l'expression-clé :"temps des Nations", en hébreu: 'et goyim. Cette expression ne figure qu'une seule fois, dans l'Ancien Testament, en Ez 30, 3, où elle connote le jour de L’ETERNEL :

"Ainsi parle le Seigneur L’ETERNEL. Poussez des cris : Ah! Quel jour! Car le jour est proche, il est proche le jour de L’ETERNEL; ce sera un jour chargé de nuages, ce sera le temps des nations".        

Le terme hébreu ‘et signifie à la fois, temps, période, heure. Il faut donc rattacher ce "temps des nations" à la parole de Jésus, lors de son arrestation, au Jardin de Gethsémani : "Mais c'est votre heure et la puissance des ténèbres. (Lc 22, 53).

Ainsi compris, le "temps des nations" n'est pas celui de l’occupation de la Ville Sainte par les nations, depuis la chute de Jérusalem, jusqu'à sa "réunification" par l'armée israélienne, en 1967, mais tout simplement, l'assaut final des nations coalisées, à la fin des temps, "contre L’ETERNEL et contre son Oint" (Ps 2). L'Oint étant le Peuple de Dieu purifié, c'est-à-dire le Reste d'Israël, qui inclut les purifiés d'Israël, comme prémices, et ceux qui se rallieront à lui, dans l'adoration du même Dieu et la soumission au même Seigneur, Jésus le Christ, ce qui implique évidemment le Reste des Chrétiens, mais aussi les hommes et les femmes de toutes les nations - sans distinction foi ou d’incroyance, ni de confession religieuse - qui n'auront pas marché contre le Peuple de Dieu, mais pris parti pour le droit et la justice et pour ce peuple innocent, recevant ainsi, avec ce dernier, ce baptême du sang qu'est le martyre.

On ne s’attardera pas davantage sur cette Fin du temps des Nations, car il en a été traité abondamment ailleurs sur ce site (*).

Notes

 

365. Cassette Siloe 622.

366. Il est symptomatique que c'est - à peu de choses près - l'interprétation actualisante des événements, que font certains mystiques juifs contemporains.

367. Voir note de la Bible de Jérusalem, sous Mt 24, 1ss, note f).

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(*)  Accomplissement du temps des nations ; Temps des nations : fruit de la conversion ou d'une initiative divine ? ; Rétablissement des Juifs, selon Pierre ;
La fin du temps des nations a-t-elle eu lieu en juin 1967 ?

 © convertissez-vous.com



30-10-2005 | Commentaires (0) | Public
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